‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 181 sur 598 · Chronique, t. II, p · texte numérisé non relu

Chronique, t. II, p

de la ville, où l'on ignorait qu'il eût modifié sa ligne de conduite et qu'il se fût réconcilié avec Louis XI. Quoi qu'il en soit, dès le lendemain (26 décembre), le duc de Bourbon lance aux habitants une proclamation ^ , les invitant à obéir au roi et les assurant du renouvellement des privilèges que Louis XI leur avait accordés - le 16 août précédent.

Charles de France peut compter sur cent à cent vingt-cinq lances, soit 600 à 800 hommes, au maximum ^ . Prévenu des intentions royales, il perd pied et fait mine de ne plus vouloir résister. Des officiers nouveaux sont placés par le roi dans toutes les localités qui ont abandonné le duc *. Son entourage, composé de traîtres à la solde du duc de Bretagne, le tient à sa merci ; il n'est capable ni de réagir ni de se venger ; suivant sa déplorable habitude, il ne sait même pas prendre une résolution. Ses meilleurs conseillers, Dunois, d'Aydie, Dammartin, Lohéac, paraissent l'abandonner. Il écrit au duc de Bourbon pour lui offrir une entrevue et lui fixer un rendezvous à Louviers ^ , l'une des rares villes restées fidèles et dont il a tout récemment renouvelé les privilèges ^. Il s'y rend, mais après avoir vainement attendu pendant quarante-huit heures son ancien allié' , il reprend le chemin de Rouen.

Quelques jours après, venant de Vernon, et allant à Pontde-l'Arche, le duc de Bourbon et Gaston du Lyon arrivent à

1. Th. Michel, Histoire de Vernon (1851), p. 105 ; — E. Mejer, Histoire de la ville de Vernon (Î877), p. 207. Pièce justificative n» XIX.

2. Bibliothèque nationale, ms. français 25713, n» 70 ; — Bibliothèque de la ville de Rouen, ms. suppl. 20, Cartulaire de Vernon, f" 19.

3. (( Et per quanto questo S. Re ha informatione, el duca di Berri non ha con si lanze cento o cento xxv in tuto, a tanta possanza che soa Maiestà ha. » (Bibliothèque nationale, ms. italien 1649, f^ 94; lettre cit. du 28 décembre.)

4. Idem, f*>82. — Notamment Lohéac, à qui Louis XI rendra bientôt l'office de maréchal de France à la demande de François II, reçoit la capitainerie d'Avranches-Vire.

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