IL SE RÉFUGIE EN BKETAGNE
Nantes dans les derniers jours de février 1466 K Charles n'avait «emmené avec lui que vingt-deux archers et trente à quarante gentilshommes. On négociait alors pour obtenir qu'il ne pût quitter le duché de Bretagne avant trois mois : pendant ce temps on chercherait un moyen transactionnel qui satisfît les deux partis, et permît à Charles de vivre honorablement avec 10000 francs de pension ^. Les royalistes ne sont d'ailleurs pas satisfaits ; ils redoutent qu'au mépris des conventions et des engagements pris, malgré l'état d'impuissance où le duc de Normandie se débat, ses conseillers ne trouvent le moyen de se servir encore de lui pour renouveler des tentatives de soulèvement, au détriment de la paix pourtant si nécessaire, car son séjour en Bretagne ne leur semble pas une sécurité suffisante. En effet, la campagne contre l'armée royale reprendra bientôt ; de nouvelles intrigues vont faire leur apparition, et c'est François II qui tiendra les fils du complot.
Charles de France demeurera inactif et en apparence indifférent aux événements qui vont se dérouler autour de sa chétive et modeste personne. Il continuera à mener, pendant de longs mois, une vie calme et insouciante. Il se laissera guider, comme dans le passé, par quelques ambitieux et intrigants qui profiteront de sa faiblesse pour le dominer et de son inertie pour îe diriger.
1. Les deux ducs, qui sont encore présents à Caen le 5 février, passent à Torigny-sur-Vire le 6, le 7 à Avranches où ils séjournent, le 18 au château de La Bretèche (Illeet-Vilaine), et arrivent le 21 à Nantes (Archives départementales de la Loire-Inférieure, B 4, £F. 7 v" à 9).
2. Lettre de Panigarola du 9 février 1466 (Archivio di Stato, Milano ; Poienze estere, Francia), communiquée par M. B. de Mandrot.