PRÉPARATIFS DU DUC DE BRETAGNE
dant qu'il concentre au Croisic une petite flotte de vingt-cinq caravelles destinée à opérer un coup de main du côté de La Rochelle, dont les portes du port ont été murées par mesure de précaution ', et qu'il nomme Raoul Péan chef de cette flotte à laquelle le roi de Castille a promis un concours éventuel ■-. Le 8 janvier, il a affirmé, dans une lettre à Dunois ''\ qu'il observera les traités, qu'il est et sera dévoué au roi, que les ambassades envoyées par lui en Angleterre ^ ne peuvent en aucun cas être une raison de suspicion de la part de Louis XL Promesses vagues, c'est tout ce que le roi peut obtenir; ses délégués à Nantes, Balue et Guillaume.de Paris ^ , n'ont pas été plus heureux. Use décide alors à verser entre les mains du trésorier de Bretagne le dernier terme des 120000 écus promis à François II par le traité de Caen *\ espérant ainsi acheter son concours ou tout au moins sa neutralité, dans le cas d'un nouveau conflit avec le duc de Bourgogne ou avec l'Angleterre. Car l'amitié anglaise est recherchée des deux côtés à la
nostre dit pais et esdits ports et havres d'icelui de non descendre à terre de leurs dits navires armez ne garniz de^ des dites armes et bastons de guerre, fors seulement de couteaux requis pour leur viatique, sur peine de pugnicion corporelle et de confiscation de biens, navires et marchandises », 5 janvier 1467 (Archives départementales de la Loire-Inférieure, B 5, f' 18).
1. (( Il y eust commandement du roy aux maire, eschevins et pairs de cette ville de fermer et murer toutes les portes des quais et maisons qui ont leur aspect sur le havre de cette ville, sur les bruits et soubçons qu'on avait donnés au roA' que le duc de Bretaigne eust quelque entreprise sur cette ville ». (Amos Barbot, Histoire de La Rochelle, dans les Archives historiques de la Sainionge. t. XIV, p. 364).
2. Ch. de La Roncière, Histoire de la marine française^ t. II, p. 323.
3. Dunois va bientôt toucher une pension du roi, tandis que le duc de Bourbon est « appointé» de 16000 livres t. par an en raison du mariage qu'il a contracté avec Jeanne de France, sœur de Louis XI (Jean de Reilhac, t. III, pp. 235-236).
4. Pendant la durée de sa mission en Angleterre, Olivier du Breil est remplacé dans ses fonctions de sénéchal de Rennes par Roland du Breii, aloué de Rennes, par lettres du 18 juin (Archives départementales de la Loire-Inférieure, B 5, f« 88 v").
5. Bourgeois de Paris, beau-frère du conseiller au Parlement Pierre Clutin, et conseiller au Parlement lui-même, il avait été chargé en 1466 de négociations avec le comte de Charolais (Bibliothèque nationale, coll. Dupu}', vol. 762, ff'^ 153-159).
6. Archives départementales de la Loire-Inférieure, B 5, f" 12 v"^ (27 janvier 1467).
fois. Chacun des partis qui se disputent le pouvoir à Londres se montre favorable à chacun des partis qui luttent en France l'un contre l'autre *. Mais on étend même singulièrement le champ des alliances ; on sollicite des concours partout où l'on peut espérer de trouver un appui éventuel. Le 19 mars, Gaston de Foix promet solennellement de servir Louis XI contre Charles de France, contre le comte de Charolais et contre le duc de Bretagne -. Un émissaire du roi de Portugal est signalé à la cour de Charles de France ^. Le roi de Danemark Christian I", signant un traité de commerce et d'alliance le 25 mars avec les Bourguignons et les Bretons *, promet de fournir à François II le concours de 4000 soldats le jour où il les lui demandera, à condition d'être prévenu trois mois à l'avance ^. Amédée IX, le nouveau duc de Savoie, ou plutôt sa femme, Yolande de France ^, songe à tirer parti de la situation et, après avoir conclu une alliance avec les Bourguignons le 20 mars ■', envoie un ambassadeur spécial, Léonard de Cours, pour préparer une autre alliance avec les ducs de Normandie et de Bretagne, dans le secret espoir d'arracher bientôt au roi de France vaincu les pays situés au-delà de la Saône « du côté de l'Empire et occupés par la couronne » ^. De ce côté, les
1. La trêve conclue entre la Bretagne et l'Angleterre fut ratifiée le 21 mai à Nantes (Archives départementales de la Loire-Inférieure, B 5, f*^ 73 v») ; elle sera la cause de difficultés avec les marins et commerçants castillans (Idem. fif. 34 et 69 v").