INTRIGUES ET TRAHISONS
n'eussent pas été injustifiées, car, après que Lussault fut rentré à Vannes (en passant par Concressault et Saumur) et eut rendu compte de sa mission au duc de Normandie, il s'empressa de trahir celui-ci au profit de Louis XI, auquel il raconta par le menu les entretiens qu'il avait eus, tant en Bretagne qu'en Auvergne, avec le duc de Nemours K
D'après un autre témoin -, on aurait vu intriguer auprès du même duc de Nemours « un moine du Dauphiné qui depuis a esté au duc de Guienne et disoit ses heures avec lui » et qu'on savait avoir demeuré à Paris au temps de la Ligue du Bien public*^ (c'était l'aumônier de Charles de France, Jourdain Faure) ; les bonnes relations des deux princes furent toutefois menacées par les démarches réitérées que Louis XI faisait pour amener le faible et timoré duc de Nemours à composition, lui promettant le pardon à des conditions d'ailleurs onéreuses et lui offrant, en échange d'une renonciation humiliante à ses prérogatives et à sa dignité de pair, l'oubli de tous les diff'érends qui avaient pu les séparer ^.
Plus tard ■', lorsque Charles de France s'avisa d'annoncer, au cours d'un voyage'"', sa visite à sa cousine la duchesse de Nemours, alors enceinte, Jacques d'Armagnac, craignant d'être compromis, envoya sa femme de Bellac "' à Sainte-Feyre, près de Guéret ^, pour y rencontrer son cousin. Et quelque temps après, la duchesse ayant exprimé le désir que Charles de France fût parrain de son enfant, Charles de France expédia un de ses