LA BRETAGNE MOBILISE
fait défense expresse à ses sujets ^ sous de graves peines, de ravitailler ou de secourir tous les navires de guerre qui s'approcheraient de la côte nord de Bretagne, non plus que les gens de guerre ennemis qui peuvent se trouver à Granville, à Tombelaine et au Mont-Saint-Michel -. Il prescrit une enquête sur les malversations et pilleries dont se rendent coupables ses propres troupes à Pouancé et sur les marches d'Anjou ^, prend des mesures contre la cherté des vivres qui augmentent d'une façon fâcheuse dans certaines villes de garnison *, octroie des saufs-conduits aux marchands d'Anjou, de Touraine, du Maine et de Poitou qui ont l'intention de venir commercer en Bretagne ^, et décide que de nouveaux impôts de fouage et d'aide seront levés pour faire face au surcroît de dépenses occasionné par la guerre^. Et déjà les troupes bretonnes, massées depuis quelques mois sur la frontière, ont repris l'offensive en Normandie. Tout d'abord l'Avranchin est envahi ; d'autre part, une tentative pour s'emparer d'Alençon n'a pas de succès, et les hommes d'armes qui n'ont pu y pénétrer se retirent '^, les uns vers Domfront^, les autres à Avranches '*, se répandant dans tout le pays en quête d'un mauvais coup. Pour parer au plus pressé, Louis XI envoie une petite armée combattre les Bretons ; il apprend de Guérin Le Groing *^, dans le courant du mois de juillet, qu'elle est arrivée à Fresnay-sur-Sarthe^^ où l'artillerie a trouvé un abri au château. Le Groing annonce son
tours et portaux de la vieille clôture de la ville entre le Pré Ront (près de Saint-Georges) et la tour du pont de la Vilaine (ft> 153 v") .
1. Les juges de Dinan doivent se transporter à cet effet à Cancale, à Saint- Malo et aux environs (30 octobre 1467).
2. Archives départementales de la Loire-Inférieure, B 5, f" 131 v".