‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 261 sur 598 · Bibliothèque nationale, ms. français 21477, f · texte numérisé non relu

Bibliothèque nationale, ms. français 21477, f

4. « Et pour ce qu'il estoit bruit que nous venions par deçà et que les Bretons ne demandoyent autre chose si non que nous dicions quelque chose touchant la duché de Normandie ou l'appanage de mondit seigneur Charles, sur quoy ilz peussent prendre occasion de rompture.... )) (Bibliothèque nationale, ms. français 20855, f'^ 124).

5. Commines, édit. Lenglet-Dufresnoy, t. III, p. 6 ; — Dom Morice, Preuves, t. III, col. 172.

favorable à ses ennemis, tandis qu'il prend toutes dispositions pour annihiler les velléités de révolte de ses autres vassaux, François II est loin de demeurer inactif. Il envoie ambassades sur ambassades en Castille ^ en Angleterre, en Ecosse, où il sollicite le concours de dix mille volontaires, offrant en échange de négocier le mariage de son protégé Charles de France avec la seconde fille de Jacques II. A Edouard IV il se contente de demander quatre mille archers, promettant de lui réserver quelques problématiques places de Normandie où son autorité est un peu sujette à caution ; avec beaucoup d'habileté et un peu de duplicité, il sait profiter des divisions politiques qui troublent l'Angleterre, éveiller les susceptibilités jalouses de l'un ou de l'autre selon ses propres intérêts, et réussir enfin (23 mars), malgré les trahisons, malgré les imprudences, et malgré la puissance de ses adversaires, à obtenir la signature d'Edouard IV au bas d'un acte par lequel celui-ci s'engage à aller secourir le duc de Bretagne en bon et loyal ami -, puis, quelques jours plus tard, au bas d'un traité définitif (4 avril) qui précise conditions et moyens 3, et enfin (2 mai) à une ratification d'un traité de commerce conclu pour une durée de trente ans ^

C'est le moment choisi par Louis XI, qui en 1465 avait refusé de réunir les Etats généraux, pour provoquer une assemblée. Par lettres du 26 février, il les convoque à Tours ^. Toujours soupçonneux, il fait savoir au maire de cette ville que, pendant tout le temps que durera la réunion, cinq cents hommes armés devront faire le guet toutes les nuits, et qu'il sera interdit à la population d'être hors des maisons après dix heures du soir ^'.

1. Archives départementales de la Loire-Inférieure, B 6, ff. 21 v» et 27-32.

2. Archives départementales de la J.oire-Inférieure, E 122 ; cf. A. Dupuj', Histoire de la réunion de la Bretagne à la France, t. I, p. 199.

Page 1