‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 287 sur 598 · Bibliothèque nationale, ms. français 20430, ff. 39 et · texte numérisé non relu

Bibliothèque nationale, ms. français 20430, ff. 39 et

3. Th. Basin, dans son Histoire (édit. Quicherat, t. II, pp. 212-214) adresse de complets éloges à ce Loraille, lui appliquant les épithètes de « probus, fidelis et constans », généralement peu méritées à cette époque. Dans le manuscrit de Goettingue qui contient les corrections autographes de ce chroniqueur (cf. Journal des Savants, 1893, p. 100), l'auteur a eu soin de mentionner après coup (f<» 140) qu'il rapportait au sujet de l'empoisonnement ^e Loraille le bruit populaire, « ut vulgo ferebatur ». Cette réserve est un sérieux indice que l'auteur ne paraissait pas y croire, peut-être même qu'il savait pertinemment le contraire. La vérité est que Thomas de Loraille, ayant le titre de « général conseiller sur le fait des finances du duc », ne mourut qu'en octobre 1471 ; aussitôt (14 octobre), Charles de France accorda à sa veuve Jeanne Chevalier une pension de 200 livres tournois (Bibliothèque nationale. Pièces originales, vol. 1760, Louraille, n^ 20).

4. D'abondants détails sont fournis par Maupoint, Journal, édition Fagnicz, p, 113.

6. Interrogatoire de Jean Balue (Bibliothèque nationale, ms. nouvelles ^acquisitions françaises 1001, f» 52 ; cf. Forgcot, Jean Balue, pp. 74 et 215).

suite à part le président de l'ambassade, Pierre de Bauffremont, sire de Charny, et le sire de Montagu ^ ; il leur demande d'user de leur influence pour décider son frère à accepter la Guyenne ^. Puis la délégation bourguignonne quitte Paris (20 mars) et gagne la Bretagne.

Le sire de Charny ayant rapporté à Haraucourt ^ la conversation qu'il a échangée avec le roi, l'évêque de Verdun se hâte d'expédier vers Charles de France un de ses agents, Guillaume de Lastic, chargé de faire tous ses efforts pour empêcher ce prince d'accepter l'apanage de Guyenne : s'il y consent, lui dit l'envoyé *, le roi s'alliera avec le duc de Bourgogne et dépouillera bientôt son frère de ce qu'il lui aura donné en partage ; refuset-il au contraire et accepte- t-il la Champagne, « les bras estendus pour recevoir chascun », il trouvera en Charles le Téméraire, de plus en plus mal disposé pour le roi, un sûr soutien, capable de rallier tous les seigneurs prêts à se liguer en plus grand nombre encore qu'auparavant, car « il y avoit plus de malcontens en ce royaume qu'il n'y eut jamès ». Il précisa : Charles, devenu duc de Guyenne, sera obligé de craindre le roi ; s'il est maître de la Champagne, c'est au contraire le roi qui le craindra ^. Au fond, Louis XI n'est pas particulièrement rassuré et on lui prête à cette heure difficile ces paroles mémorables ^ : « J'ay un frère qui me fait beaucoup de mal ; pleust à Dieu qu'il fust mort et que je n'en eusse point » !

D'autres émissaires voyagent perpétuellement entre les différentes cours ; la révolte des ligueurs est sur le point de re-

1. Pierre de Bauffremont était accompagné de Jean de Damas, seigneur de Digoine et de Cless^', et de Ferry de Clugny, d'après l'interrogatoire de Jean Luret (Forgeot, pp. 198-200).

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