SON PÈLERINAGE AU TOMBEAU DE SAINT YVES
La nuit porte conseil. Charles de France ne tarde pas à faire connaître définitivement qu'à la Champagne il préfère la Guyenne, à la condition toutefois que cet apanage nouveau élargira les limites du duché et qu'y seront compris les droits royaux, avec l'hommage des comtes d'Albret, de Foix el d'Armagnac. A ces propositions, jugées extravagantes, Louis XI fait répondre par ses ambassadeurs Jean Dauvet et Adam Rolant*, envoyés en Bretagne à la fin de mars, qu'il ne peut accorder à son frère les droits royaux, — ce serait contraire aux lois du royaume et à la décision des Etats généraux, ce serait en même temps la porte ouverte à de semblables revendications des autres princes — ; qu'il ne peut davantage lui permettre de recevoir l'hommage des comtes d'Albret, de Foix et d'Armagnac,
— car leurs seigneuries relèvent directement de la couronne ;
— mais qu'il consent à lui octroyer l'hommage de ceux de leurs fiefs qui sont enclavés dans le duché de Guyenne ; que l'apanage ainsi constitué dépasse les limites fixées par les ordonnances royales, et qu'au surplus il lui fera don de 20000 livres de revenu à ajouter aux 60000 livres antérieurement accordées.
Les négociations traînèrent quelque peu, des difficultés naissant à chaque tournant du chemin. Le duc de Bretagne, voyant s'éloigner son protégé, ne veut pas se laisser oublier et trouve en fm de compte le moyen de se faire gratifier de quelques bénéfices présents et futurs, pour être récompensé de ses efforts et des frais qu'il a supportés pour aider Charles de France dans ces dernières années. C'est ainsi que, par lettres du 23 mars -, Charles promet à François II la possession de la vicomte et seigneurie de Thouars 3, des chàtellenies de Par-
avec ce messager de bonne nouvelle, à cette place, est assurément fort séduisant, mais ne peut être conforme à la vérité historique. Roland Le Cozic vint seul à Tréguier quelques mois plus tard.
1. On voit la signature d'Adam Rolant, secrétaire du duc, au bas des lettres royales d'avril 1469, collationnées par lui le 3 mai suivant, et de celle de mai (Commines, édit. Leuglet-Dufresnoj', t. III, p. 97 et 105). — Le 27 juin 1462, il avait rendu hommage au duc de Berry pour sa maison du Perche sise à Givardon au bailliage de Bourges (Archives nationales, P 13, n» 324).
2. Archives départementales de la Loire-Inférieure, E 181 ; Pièce justificative no LXV.