ENTRÉE SOLENNELLE A CAHORS
cheval pour aller jusqu'à la maison du chanoine Jean de Rodez, prieur de Montagnol S où il passa la nuit, dans un logis que Ton assure avoir été digne de lui. Le lendemain, qui fut un dimanche, il y eut foule à Cahors. Le duc fut publiquement harangué par Jean de Tartas, lieutenant du sénéchal. De même qu'à Périgueux, les magistrats prêtèrent le serment de fidélité accoutumé, sous la réserve de confirmation des anciens privilèges, mais ici il semble qu'aucune difficulté n'ait été soulevée. Des cadeaux multiples en vin, confitures, cire, bois, foin, avoine, furent offerts au prince.
Quelques jours passèrent, et Charles de France eut tout le loisir de s'enquérir, auprès des notables et de ses officiers, de la situation de ses sujets et de leurs désirs. On convoqua en son nom, pour le 18 février, le conseil général des trois Etats de tout le pays de Guyenne ^, qui se réunit dans l'hôtel épiscopal, en une haute et grande salle où une estrade avait été dressée, derrière laquelle on avait placé un fauteuil élevé, recouvert de velours cramoisi, sous un dais de velours noir, à draperies blanches et noires, sans aucune espèce d'armoiries. Au fond, un grand feu flambait dans la cheminée monumentale. A l'heure dite, le duc s'assit au fauteuil présidentiel. Au bas de l'estrade, à droite, se tint l'évêque d'Angers, chancelier ^, debout. Sur une banquette, auprès de lui, prirent place l'archevêque de Bordeaux *, les évêques d'Agen ^ de Bayonne ^ de Bazas ^, àe Condom ^, de Saintes ^ et de Sarlat ^", Derrière eux, sur un