‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 356 sur 598 · SON VOYAGE EN AUVERGNE · texte numérisé non relu

SON VOYAGE EN AUVERGNE

une invitation présentée au duc par Pierre Odin, officiai du Puy i, Charles s'empressa d'aller visiter la bibliothèque de la cathédrale, fort réputée -, et qu'au départ, l'official lui offrit un petit livre, en reinerciment sans doute de l'honneur que le prince lui avait fait, en considération peut-être aussi de l'intérêt spécial que le duc avait paru y porter pendant cette visite. Aucun souvenir certes ne pouvait lui être plus agréable.

En quittant Le Puy, Charles de France poursuivit sa route par Montferrand ^ et Clermont, en passant par Orcival * et Pont-du-Chàteau, où les consuls de Montferrand lui firent présenter leurs hommages et présents, tandis qu'ils votaient à la hâte l'exécution de travaux d'hygiène dans leur ville pour le recevoir pi us dignement ^ . Une réception particulièrement chaude, dont nous avons le détail, lui fut faite à Clermont, où une fontaine décorée de sirènes fut dressée en face de l'église Notre- Dame de Grâce, et où les cadeaux accoutumés lui furent offerts solennellement le vendredi 16 mars.

Le retour dans ses Etats s'effectua par Rodez, où le sénéchal

1. Pierre Odin est mentionné dans un compte royal contemporain (Bibliothèque nationale, ms. français 6758, f» 24) ; la chronique d'Etienne Médicis vante sa vertu et ses hauts talents. La reine Charlotte de Savoie étant venue en pèlerinage à Notre-Dame du Puy après la naissance de son fils, Pierre Odin lui offrit la traduction du plus ancien document relatif à la légende locale, accompagnée d'une dédicace et précédée de vers sur la naissance de Charles [VIII], intitulés : Congratulation et grâces de la nativité de Charles ainsné, fils du Roy Loijs onziesme de ce nom (Bibliothèque nationale, ms. français 2222) ; cf. L. Pascal, Bibliographie du Velaij et de la Haute- Loire (Le Puy, 1903, in-8), p. 415. La légende de Notre-Dame du Puy ainsi traduite a été publiée vers 1530, in-8 goth. de20ff. ; l'exemplaire de la Bibliothèque nationale est le seul connu.

2. Elle était déjà célèbre auXI« siècle ; voir Léopold Delisle, Recherches sur l'ancienne bibliothèque de la cathédrale du Puy, dans les Annales de la Société d'agriculture du Puy, t. XXVIII (1867), pp. 439-459 ; et Le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale, t. I (1868), pp. 509-518, et t. II (1874), pp. 443-445. On y voyait une peinture m.urale dite des « Arts libéraux » dont Prosper Mérimée a signalé jadis la valeur et que l'on trouvera reproduite dans l'ouvrage de Léon Giron, Les peintures murales de la Haute-Loire (Paris, 1911).

Page 1