‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 360 sur 598 · RETOUR ET ENTRÉE A BORDEAUX · texte numérisé non relu

RETOUR ET ENTRÉE A BORDEAUX

pour le roi *. Une entente avec larchevêque au sujet des cérémonies religieuses avait permis de ne rien négliger pour rendre la solennité plus imposante.

Au jour dit (9 avril), le duc reçut à Lormonl -, où il attendait, la visite de l'archevêque et ces jurats venus pour s'entendre sur les derniers détails à régler. Le lendemain, grand émoi en ville pour recevoir Charles de France. Dans le fleuve, des bateaux nombreux avaient arboré tous leurs pavois. Malheureusement la pluie déçut la population, qui se pressait en foule, et fut très nuisible aux préparatifs. Larchevêque, à la tête de son clergé, ne s'en rendit pas moins en procession à la rencontre du cortège ducal (arrivé de Lormont par le fleuve) jusqu*au château de l'Ombrière ^ et de là revint au grand portail de Saint-André *. En cet endroit, le duc, après avoir adoré la croix, fut revêtu du surplis, de l'aumusse et de la chape comme un simple chanoine, et conduit au grand autel où il pria ; on le conduisit ensuite à la chapelle Saint-Martial, derrière la nef, où se dressait un fauteuil garni d'étoffes dorées et une estrade élevée, tendue de riches tapisseries. C'est là que le duc prêta serment aux trois Etats de la province, et reçut à son tour celui que les Etats lui devaient ^. La cérémonie terminée, le duc fut reconduit au château de l'Ombrière où il passa la nuit. Le lendemain, ainsi qu'il avait été convenu, deux chanoines se rendirent auprès de lui pour lui apporter, en don de joyeuse entrée, quatre quartauts de vin blanc, quatre de vin rouge, quatre de vin clairet et quatre de vin doux, ainsi que quatre douzaines

1. Archives départementales de la Gironde, G 285, f*^ 53 v<*.

2. Sur la Gironde, en aval de Bordeaux (canton de Carbon-Blanc, arr' de Bordeaux). — Il ne venait donc pas de Saint-Jean d'Angélj', comme l'a imprimé Brives-Cazes dans son étude sur les Grands Jours du dernier duc de Guyenne (Actes de l'Académie de Bordeaux, 3« série, XXIX, 1867, p. 28).

3. Au sud de Saint-Pierre, on voyait jadis une agglomération de tours rondes et de remparts, dominée du côté de l'Orient par une énorme tour carrée, à l'angle sud-est de l'enceinte romaine ; c'était le château de l'Ombrière, masse compacte entourée de larges et profonds fossés qu'alimentaient les eaux du Peugue, et la place actuelle de l'Ombrière en est le seul vestige (Drouyn. Bordeaux vers Vf50, p. 18). Une vue en est donnée dans le livre de Bordes, Les monuments de Bordeaux, (1840), t. I, p. 68.

4. Voir ce portail dans l'Histoire de Bordeaux de C. Jullian, pi. VIII.

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