‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 365 sur 598 · CRÉATION DE LA COUR DES GRANDS JOURS · texte numérisé non relu

CRÉATION DE LA COUR DES GRANDS JOURS

liasard que fut fixé le lieu de ces réunions ; quoi qu'on en ait dit ^ les raisons politiques ou administratives n'étaient pour rien dans ces changements successifs et parfois imprévus ; les magistrats, pour des raisons toutes personnelles, tentaient simplement d'échapper au danger de la peste qui sévissait alors à Bordeaux et qui gagnait les autres villes, Libourne et Saint-Emilion, tandis qu'ils y siégeaient -. Le transfert de la Cour à Saint-Emilion amenait dans cette petite ville une recrudescence momentanée de la population, et la question du logement et de l'approvisionnement paraît avoir fort préoccupé le personnel de la Cour au moment où elle se décida à s'y installer temporairement ; des précautions très attentives furent prises par deux conseillers, Jacques Du Vergier et Jean Salât ^, délégués par leurs collègues pour aviser aux besoins de l'alimentation *. Lorsque la Cour se transporta à Libourne, un cas assez singulier se présenta ^ : l'un des conseillers, Pierre Guitard, sieur de Lubersac ^, cumulait cette fonction avec un canonicat à Saint-André de Bordeaux qui lui avait été réservé après de multiples difficultés ", mais à la

1. Brives- Gazes, Les grands Jours du dernier duc de Guyenne, p. 88.

2. De même, en 1468, le Parlement de Toulouse se transporte momentanément à Montpellier pour la même raison (Archives départementales de la Haute-Garonne, B 4, ï'^ 158).

3. Docteur es droits et légiste expérimenté, il devint plus tard maître des requêtes de l'hôtel du roi. Cf, Bibliothèque nationale, Pièces originales, vol. 2609, Salât, n» 2. — On peut lui soupçonner des attaches berrichonnes, et l'inférer de cette mention de don à Jean Gœur, archevêque de Bourges, qu'on lit au f*^ 24 v» du ms. français 5737 de la Bibliothèque nationale (Exhortation adressée en 1451 à Charles VU, par Jean Germain, évêque de Chalon-sur-Saône, pour marcher contre les Turcs) : « Me dono dédit archiflamini Biturigum domino révérend issimo Johaîmes Salatus, ejusdem domini servulus, suaque ad obsequia promptissimus ». — Plus tard (1490), enverra le recteur de l'Université de Bourges assembler le corps enseignant dans la maison d'un Jean Salât (Marcel Fournier, Statuts et privilèges des Universités françaises, t. III, p. 439). A en rapprocher Pierre Salât, clerc, docteur es lois, conseiller au Parlement de Paris en 1459, président en 1483, que Louis XI avait envoyé en 1465 à Milan, en ambassade avec Gaucourt et l'archevêque de Vienne {Lettres de Louis XI, édit. Vaesen, t. II, p. 239, et t. IX, p. 187; G. Du Fresne de Beaucourt, J/isfoire de Charles VII, t. II, pp. 208 et 217; Lettre de Panigarola, du 12 décembre 1465, à l'Archivio di Stato, Milano).

4. Archives départementales de la Gironde, B 2 provisoire, P 84.

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