‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 381 sur 598 · L ADMINISTRATION DE LA GUYENNE SOUS LE DUC CHARLES · texte numérisé non relu

L ADMINISTRATION DE LA GUYENNE SOUS LE DUC CHARLES

crime de fausse monnaie et appelant de cette sentence Antoine de Neufville, juge ordinaire de Quercy, est en juillet 1471 détenu dans les prisons de Libourne, à l'instigation de l'évêque de Gahors *; Pierre Dubreuil, baile de Martel, et Pierre de Mallevillc, son successeur, poursuivis pour excès à la requête de labbé de Beaulieu, sont enfermés à Saint-Émilion, mais dans la maison du maire « parce que les prisons d'icelle ville n*estoient bonnes ni seures ^ ».

Ainsi les magistrats des Grands Jours ne craignent pas de poursuivre nobles, bourgeois, gens d'église, fonctionnaires même ; ils sévissent contre les hobereaux susceptibles de reprendre les traditions de la féodalité et de fomenter quelques tentatives de rébellion. Mais, peut-être parce que les geôles n'étaient pas assez vastes, on élargit très facilement les détenus sous caution 3 ; le plus souvent ils sont autorisés à sortir de prison à condition qu'ils ne quitteront pas un lieu déterminé, à eux assigné. Parfois l'administration ducale intervient, mais pas toujours avec succès : dans une cause où sont intéressés l'évêque de Saintes et son chapitre, les membres du chapitre obtiennent des lettres de compulsoire à l'effet de collationner avec l'original un vidimus produit au procès * ; l'évêque ayant présenté de son côté des lettres d'état du duc portant défense de rien faire à son préjudice à peine de cent marcs d'or, le chapitre se pourvoit devant la Cour qui, nonobstant cette opposition, ordonne l'exécution immédiate des lettres de compulsoire (20 février 1470), et lorsque, quelques mois après (12 mai), l'évêque de Saintes réclame un sursis jusqu'à son retour de Rome « où il est allé par commandement du roy et de monseigneur» ^ , la Cour passe outre, refusant de s'arrêter à cette exception.

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