LES FONCTIONNAIRES DE LA COUR
On peut signaler des actes de pression de la part de Tautorité ducale : un clerc, Nicolas Daleville, sollicitant sa réception comme procureur en la Cour, celle-ci refuse en raison de sa minorité ^ mais, comme il apporte des lettres patentes du duc en réitérant sa demande (30 octobre 1469), il est reçu et admis à prêter serment, malgré les règlements - et les traditions constantes. Le 9 juin 1470, M^ André Pillet, licencié es lois, maître des requêtes ordinaire du duc, présente à la Cour une requête exposant que, suivant les lettres patentes à lui octroyées, il sollicite en raison de sa qualité la jouissance des privilèges auxquels ont droit les officiers de son grade ^, « ainsi que doivent et ont acostuméde faire les maistres des requestes, et que avoit mondit seigneur ordonné par unes autres lettres où estoient nommés six conseillers, c'est assavoir quatre clercs et deux lais » ; la Cour se réunit aussitôt et décide très catégoriquement de présenter des remontrances au duc, protestant qu'elle est manifestement opposée à toute augmentation de personnel, et qu'elle n'est pas disposée à se voir accrue de six nouveaux collègues : on ne connaît pas le résultat de l'enquête, sans doute peu favorable à la réclamation d'André Pillet. De nouvelles remontrances furent faites le 28 novembre suivant, à propos d'une demande de Jean Rivel, archidiacre de Gençay *, muni de lettres patentes du duc, pour être reçu par la Cour comme maître des requêtes. La Cour tenait à ses privilèges et entendait les faire respecter.
Elle interdit à Jean Laudin le cumul des fonctions de secrétaire et de procureur ^. Elle résista encore quand Pierre Sainxon la requit, le 8 mai 1470, de le recevoir et mettre en possession de l'office de notaire en la Cour ^ : on lui répliqua
l.Fol. 2 vo.