‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 420 sur 598 · ORGANISATION FINANCIERE · texte numérisé non relu

ORGANISATION FINANCIERE

devront être vendues au plus juste prix, les quantités dont ils seraient détenteurs, et il invita les Bordelais à faire leurs provisions pour l'année (10 mars 1472). Ces mesures, et d'autres sans doute dont les archives locales ont pu perdre la trace \ témoignent d'une sage prévoyance et d'une intelligente administration.

Il nous reste à parler de l'organisation financière de la province. Ne nous étonnons pas si à cet égard la situation ne parait pas très favorable. Le duc, qui emprunte pour ses besoins généraux, et engage des seigneuries ou des ofllces pour se procurer de l'argent -, recourt à cette méthode chaque fois que les dépenses de la guerre l'y obligent. Même dans les heures de calme, les impôts ne rentrent pas régulièrement, et certains fonctionnaires ne mettent peut-être pas autant de zèle à les recouvrer qu'au temps où les opérations financières étaient faites au nom du roi, soit que le changement de régime y ait apporté quelque trouble, soit que l'on y tînt moins rigoureusement la main : ainsi, dès le 21 novembre 1469, se préoccupant de la rentrée de ses revenus ^, le duc écrit aux membres de sa Gham-

1. Beaucoup d'archives locales, et particulièrement celles de la ville de Bordeaux, sont d'une pauvreté exceptionnelle pour cette période.

2. Son fidèle Gilbert de Chabannes, le 25 janvier 1471, lui avance 10000 écus d'or, en échange de quoi il abandonne à ce chambellan les terres et seigneuries de Mirabel et Réalville en Quercy (Bibliothèque nationale, ms. français 16588, P 43 ; publ. dans les Preuves de l'Histoire de la maison de Chabannes, par le comte H. de Chabannes, t. II, p. 777). — Voici d'autres cas où nous ignorons les conditions de l'engagement. Dans la sénéchaussée d'Agenais il donne à son écuyer d'écurie Richard Ahamer les seigneuries de Monségur et de La Sauvetat, le 6 décembre 1470 ; à Antoine de Montfaucon, écujer, et à Catherine de RoUet, sa femme, cousine germaine de Gilbert de Chabannes, la seigneurie de Duras en janvier 1471 (Archives départementales de la Gironde, C 4102 ; publ. dans les Archives historiques de la Gironde, t. XXV, pp. 10-21). Le revenu de la vignerie de Cahors est attribué à Jean Le Turc (Bibliothèque nationale, ms. français 23901, f^ 230). Bertrand de Montferrand est autorisé à toucher les revenus du greffe d'Entre-Deux-Mers et de la seigneurie de Sauveterre-de-Guyenne ; François de Montferrand, dit de Lesparre, ceux du greffe de la prévôté de Barsac (Bibliothèque nationale, Pièces originales, vol. 2019, Montferrand, n"> 47-49).

3. Le l*"»" juin 1471, le duc charge Jean de Menou, son chambellan, d'une enquête financière (Bibliothèque nationale, Pièces originales, vol. 1925, Menou, fo 413 v'^ ; analyse).

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