Non sine molestia aliquorum
7. Archives du Vatican, arm. XXXIX, n*^ 4, f» 171 ; publ. par Combet, ouvr. cit., p. 99.
En février 1472, l'affaire suit toujours son cours ^ Le duc de Guyenne envoie Guillaume de Soupplainville et Henry Milet à la cour de Bourgogne, et d'autres ambassadeurs en Bretagne ^. Guéri de sa maladie, il déclare désirer de plus en plus l'accomplissement de son mariage avec la fille de Charles le Téméraire, et libéré de toute attache puisque sa maltresse est morte ^, il a hcàte de voir cette union consacrer Talliance nécessaire, permanente et indissoluble qu'il souhaite avec le duc de Bourgogne. Tout délai lui porterait grand préjudice. Ses ambassadeurs sont porteurs de pouvoirs écrits en vue de ce double programme : mariage et alliance politique ; ils sont chargés de rappeler toutes les démarches antérieures, faites à Rome et ailleurs, dans ce double but. L'inimitié toujours croissante de Louis XI, subornant tou s les amis et serviteurs du duc de Guyenne, les privant de leurs biens qu'il confisque, faisant abattre leurs maisons, retirant aux gens d'église leurs bénéfices, emprisonnant et faisant même disparaître tous les serviteurs du duc qui seront appréhendés dans le royaume, refusant d'augmenter son apanage des pays de Rouergue et d'Angoumois qui en avaient été distraits, menaçant les frontières du duché et appelant aux armes, a pour principale cause l'impossibilité où le roi se trouve d'empêcher les manifestations ourdies contre lui dans l'ombre et le mj^stère. Soupplainville et Milet proposent au duc de Bourgogne de fixer le douaire de la princesse Marie, et c'est lui qui se chargera de faire connaître à Louis XI et aux princes du sang la nouvelle du mariage ; au nom de leur maître, ils promettent un dévouement loyal et sans bornes à Charles le Téméraire. Les amis sur lesquels Charles de France est en droit de compter ont prévenu ce prince que le roi projette d'avoir
1. Marie de Bourgogne, née à Bruxelles le 12 février 1457, avait exactement quinze ans, et divers prétendants se disputaient sa main ; outre Charles de Guyenne, on comptait Nicolas, duc de Calabre, qui mourut en août 1473, et Maximilien d'Autriche, fils de l'empereur Frédéric III, dont l'avarice s'accommodait mal de la somptuosité habituelle au duc de Bourgogne, et qui n'en devint pas moins son gendre.
2. Bibliothèque nationale, ms. français 5040, f*» 96 ; publ. dans Commines, édit. Lenglet-Dufresnoy, t. III, pp. 164-169. Cf. Dom Plancher, Histoire de Bourgogne, t. IV, p. cccxi.