Idem, fo 78 v
4. Déposition d'un témoin (Bibliothèque nationale, ms. français 15537, f« 212.
France ait à souffrir de l'état de lutte permanent où se meuvent ses contemporains. Tout au plus se contente-t-il de recevoir les envoyés de son frère ^ d'esquisser une tentative pour apaiser la colère du duc de Bretagne, de se mêler de loin aux affaires d'Angleterre, de recevoir une missive du duc de Milan lui annonçant l'envoi d'un ambassadeur-, et de prêter l'appui de ses vaisseaux pour arrêter une descente des Anglais en Normandie^. A peine se préoccupe-t-il des négociations entamées en Espagne en vue du mariage qu'on veut lui faire contracter avec la fille du roi de Castille, puisqu'il y reste à peu près étranger*.
Cette accalmie lui permet d'ailleurs d'entreprendre dans ses nouveaux domaines le voyage où nous l'avons suivi ^, et d'aller se montrer à ses nouveaux sujets, en terminant par Bordeaux ; sa présence au milieu d'eux lui attirera une évidente popularité; il réunira les Etats de la province pour savoir d'eux la manière de gouverner et pour obtenir des ressources nécessaires ; sa sollicitude trouvera un sérieux élément d'action dans ce vaste apanj'îi^e qu'il veut régir avec amour et justice. Une stabilité administrative, inconnue depuis longtemps aux populations de la Guyenne, ramènera la prospérité économique sans laquelle il n'y a pas de bon gouvernement. S'il sait résister aux conseils extérieurs, il trouvera peut-être dans l'accomplissement de ses devoirs de prince un peu de cette énergie nécessaire aux grandes résolutions.
Il suffit malheureusement, au milieu de tant d'intrigues, de bien peu de chose pour mettre le feu aux poudres. Sur une menace indirecte et pour venger ce qu'il croit être une offense, le