‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 487 sur 598 · lettres de Louis XI, t. IV, p · texte numérisé non relu

lettres de Louis XI, t. IV, p

LOUIS Xî VEUT IIRPRKXURE LA SAINTONGE 443

Saint-Jean-d'Angély, car, sans nouvelles des ambassadeurs de Bourgogne, Louis XI ne veut pas, si une trêve venait à être conclue, être exposé à restituer ces villes, ce qui serait « une grant honte et moucquerie » ^ (8 mai). Le 9 mai, semblable recommandation : ne rien tenter avant d'avoir reçu des ordres, et attendre au moins deux ou trois jours ; l'artillerie est à Niort, toute prête à aller de l'avant, au premier signal - ; toutefois, si certaines places oflVent de se rendre sans conditions, il est loisible de les occuper. Quelques jours après, les lettres royales donnent au contraire l'ordre de marcher (14 mai) et d'empêcher que nul n'entre à La Rochelle; dès que la prise de cette ville aura été décidée, Louis XI montera à cheval et ira retrouver ses lieutenants Louis de Crussol •" et le bâtard de Bourbon *. En attendant, il quitte le Plessis-du-Parc pour se rendre au pèlerinage du Puy-Notre-Dame et s'arrêtera momentanément à Montreuil-Bellay •'* où il se tiendra prêt à toute éventualité (15 mai) *\

Tous ces préparatifs pour reconquérir une province donnée solennellement en apanage, toute cette artillerie braquée sur des villes à peine défendues, ces précautions prises contre des manœuvres imprudentes, cet énervement d'un monarque violent qui prétend couvrir d'une piété malsaine des actes de terreur et pour qui le pardon n'est que prétexte à rancune, cet apparat militaire mis en avant pour abattre un frère inofïensif et moribond, ne forment-ils pas un ensemble de faits qui répugnent à la loyauté et à la simple honnêteté? Et ne trouve-t-onpas une singulière contradiction à voir ce roi, annonçant d'une part officiellement la concentration de ses troupes contre le duc de (luyennc', essayer par ailleurs d'expliquer sa campagne par

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