REPRISE DE LA GUYENNE PAR LE ROI
XI pour obtenir au moins un dédommagement: ainsi, Charles de France ayant mis obstacle à la jouissance par Richard de Badefol des revenus de la châtellenie de Casaux, Richard les réclama au roi aussitôt après le décès du duc * ; Philippe Gilier, privé par Charles de France de l'office dont il était titulaire, reçut à nouveau de Louis XI, dès le 25 mai 1472, sa nomination de procureur général en Saintonge -.
Le roi de France, qui séjournait à La Rochelle le jour de la mort de son frère, poursuivit son voj^age jusqu'à Saintes (28- 31 mai) et Saint-Jean-d'Angély (l'^'^-S juin) ; mais de là, au lieu <îe continuer vers Bordeaux où on l'attendit vainement, il revint vers le Nord et passa la plus grande partie de l'année en Vendée, en Touraine et en Anjou. Il y a lieu de penser qu'il ne tenait guère à aller visiter ses nouveaux sujets de Guyenne chez lesquels il avait passé quelques semaines en 1463 et ne retourna jamais. Peut-être craignait-il qu'on réclamât de lui de nouveaux privilèges, qu'il n'était pas disposé à accorder, et qu'on lui parlât du tombeau à élever à son frère, dont il préférait ne pas s'entretenir.
Mais s'il se dispensa de se présenter lui-même, il ne négligea rien pour prendre le plus tôt possible possession définitive des territoires dont avait été formé l'apanage de Charles de France. Le sénéchal de Toulouse, Gaston Du Lyon, fut chargé de ce soin ^. Il fut notamment chargé de marcher sur Saint- Sever, qui ouvrit docilement ses portes, ainsi que Dax et Rayonne, sans tarder. Le roi s'était empressé d'écrire aux Rayonnais pour leur intimer Tordre de se saisir du château et des compagnons d*armes de son frère, leur faisant miroiter en échange de nouvelles exemptions d'impôts ; mais, lorsque tout danger eut été écarté, ces belles promesses furent vite oubliées *.
Les vassaux qui avaient rendu hommage à l'un vinrent non moins fidèlement prêter serment à l'autre prince, tel le sire