CONCLUSION
tre le comte d'Armagnac, puis contre le duc de Bourgogne, qui allaient succomber à leur tour. La royauté française était sortie victorieuse d'une coalition dangereuce à laquelle l'histoire a consacré le nom même de « Ligue du Bien public » que ses ennemis lui avaient donné, et l'histoire n'a pas été tendre pour le chef nominal de ce groupe de princes perturbateurs, chef sans habileté, sans prévoyance, sans persévérance, sans vive pénétration, ignoré du succès, mal servi par une santé chancelante et victime de sa propre faiblesse. Les ambitieux qui derrière lui arborèrent l'étendard de la guerre civile n'avaient pas su se concilier la faveur populaire, et, malgré le nom sous lequel elle reste connue, cette Ligue ne fut jamais qu'une révolte menée par quelques nobles mécontents et une faible poignée de bourgeois intrigants sans mandat. C'est le propre de ces iuburrections, où le sentiment des masses ne s'est pas révélé, d'échouer lamentablement.
Sans vouloir excuser Charles de France, qui pouvait mieux comprendre son rôle de frère du roi et résister aux pernicieux conseils d'un mauvais entourage, sans vouloir juger trop sévèrement les méthodes de gouvernement employées par un cruel et inexorable souverain, à qui ne répugnait aucun moyen d'action, si perfide et si violent fùt-il, l'observateur attentif et impartial doit regretter que le roi ait, en manquant à la parole donnée, fourni à ses ennemis prétexte à poursuivre une lutte où la monarchie était mise en péril, mais devait en fin de compte nécessairement triompher, si l'on en croit le proverbe basque cité par un chroniqueur contemporain ': Reguia contracoiia eroiia -.
1. Journal de Jean de Hoye (interpolations de Jcau Le Clerc), édit. de Mandrot, t. II, p. 189.
2. Qui se traduit ainsi ; « Est fou qui se rebelle contre le roi ». On écrirait aujourd'hui : Errajuia en contra dena erona da.