‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 70 sur 598 · LA RUPTURE A POITIERS · texte numérisé non relu

LA RUPTURE A POITIERS

adressé (2 mars), pour lui et pour son escorte * ; Louis XI profite de la présence d'Odet d'Aydie pour essayer de l'attirer à lui : il était coutumier du fait ; et tout d'abord la séduction paraît faire son œuvre, le fin gascon se déclare prêt à accepter les avances royales, les questions qui l'ont amené semblent définitivement réglées, et les négociations tournent en apparence tout à l'avantage du roi. Mais à rusé, rusé et demi. L'ambassadeur du duc de Bretagne a joué double jeu, et le plus soupçonneux des monarques est pris à son propre piège.

Tandis que Louis XI va poursuivre vers le pèlerinage convenu son voyage, Charles de France demeure à Poitiers en prétextant une partie de chasse. En même temps l'ambassade bretonne a quitté la ville, le 3 mars, sous couleur de retourner à Nantes, mais en réalité n'a pas fait plus de quatre lieues. Le 4, une demi-heure à peine s'est écoulée depuis le départ du cortège royal que, suivant des dispositions antérieurement prises, auxquelles Dammartin et Dunois ne furent pas complètement étrangers ^ , Charles de Berry rejoint Odet d'Aydie en toute hâte, et se rend avec lui en Bretagne où François II les attendait impatiemment ^ . Cette équipée s'effectua si rapidement que le roi de France, ne se doutant nullement du complot, en fut informé trop tard pour pouvoir s'y opposer, et en demeura littéralement ébahi ^ . Le gouverneur de Poitiers luimême ne s'inquiéta qu'au bout de vingt-quatre heures de l'absence du jeune prince.

On juge de la fureur du roi, qui accusa immédiatement de complicité l'échevin chez qui logeait Charles de France, ainsi que Jean Chèvredent, procureur en Poitou ^ . On devine d'au-

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