‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 84 sur 598 · Gommines, édition Lenglet-Dufresnoy, t. II, p · texte numérisé non relu

Gommines, édition Lenglet-Dufresnoy, t. II, p

l'émotion en berry 71

ce que le roi ne peut empêcher, ce sont les envois d'émissaires spéciaux de Bourgogne en Bretagne et réciproquement ^ ce sont les menaces d'invasion de la Picardie, ce sont les difficultés financières, c'est l'impossibilité de mettre les places de la frontière en état de défense, faute de ressources ; par exemple, les subsides en faveur du roi, votés le 5 avril 1465 par les États de Languedoc réunis au Puy, ne rentrent pas -, soit que le pays se déclare déjà trop surchargé d'impôts, soit que le duc de Bourbon et ses amis mettent le plus d'obstacles possible au recouvrement des nouveaux impôts. Car le duc de Bourbon, par son manifeste du 13 mars 1465 ^ lancé à la même heure que celui de François II, avait vivement poussé les villes d'Auvergne à la révolte.

Persuadé encore que ni la maison de Foix ni celle d'Armagnac ne trahiront la cause royale, que la famine et la peste régnant en Bretagne pourront arrêter les velléités guerrières de François II, l'ambassadeur milanais signale à son maître l'extraordinaire influence exercée à la cour de France par Charles d'Anjou, comte du Maine, et, insistant sur l'activité de Louis XI et sur sa bonne humeur peut-être affectée, il ajoute : « Ce royaume est sans dessus dessous, on ne parle que de guerre, bien que jusqu'à ce jour rien n'ait remué encore ; mais le pays entier a les oreilles dressées et ne sait quel parti prendre » * . Le roi, d'après la même source, est puissant en hommes et en deniers, et capable d'infliger une sévère leçon à ses adversaires qui n'ont pas un sou vaillant ; il commande en personne à des troupes bien en forme ; il mène avec lui une superbe artillerie de grosses bombardes et des engins de

1. Le comte de Charolais, envoyant des ambassadeurs au comte de Genève et aux communautés de Berne et de Fribourg (Bibliothèque cantonale de Fribourg, coll. von Mûlinen, t. V, f^ 1), leur expose la genèse de la ligue et spécifie les noms des adhérents. — On possède une lettre exposant ce qui se passa à Bruxelles lorsque Philippe le Bon, duc de Bourgogne, à la suite des ambassades reçues, annonça son intention d'aller secourir Charles de France (Bibliothèque nationale, coll. Dupuy, vol. 539, fo 71).

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