‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 9 sur 598 · L ENTOURAGE DE L ENFANT · texte numérisé non relu

L ENTOURAGE DE L ENFANT

déplacements * , sans parler de Marguerite de Sermoises ^ , plus spécialement chargée de le surveiller ; un médecin particulier, sans doute habile praticien et personnage considérable puisqu'il était doyen de l'Université de Paris depuis 1437, est attaché à sa personne, avec mission de développer aussi son intelligence ^ . Guillaume d'Auge * , — c'est son nom, — reçoit 400 livres de gages pour cet office.

Les enfants n'ont pas d'histoire. Quand bien même un chroniqueur attitré se fût avisé de suivre pas à pas le plus jeune fils de Charles VII, il n'y aurait guère de chance qu'il nous eût transmis quelque relation intéressante des toutes premières années de la vie du jeune Charles ^ . Par bonheur, nous possédons, en un volume de comptes que les siècles ont épargné, les plus précieux renseignements qui se puissent rencontrer sur l'existence quasi-journalière de cet enfant de huit ans (le volume comprenant la période du 1" octobre 1454 au 30 septembre 1455), et nous prendrons plaisir à l'accompagner au

1. Archives nationales, K 530 B, n" 1 ; KK 51, f^ 120 ; KK55, passim. — Plus tard (juin .1471), on retrouve Jeanne Mareschal ** gouverneresse " du Comte d'Angoulême (Bibliothèque nationale. Pièces originales, vol. 1846, n° 17). En 1453, Jeanne se consacre entièrement à Charles ; Marie Mareschal s'occupe de sa sœur Madeleine (Idem, ms. français 10371, f • 21). On rencontre encore Isabeau " La Mareschalle " avec le titre de demoiselle de corps de la reine (Idem, ms. français 20594).

2. '* A Marguerite de Sermoises, demoiselle de l'ostel de monseigneur Charles de France, VI'^x XVII livres X sols pour bons services de la garde de raondit seigneur Charles " [1452] (Bibliothèque nationale, ms. français 32511, fo 156 V»). — Elle était peut-être parente de Marie de Sermoises, femme de Guillaume Le Bouteiller, sénéchal de Limousin et d'Auvergne, dame de Moussy-le-Neuf, Brasseuse et Saintines, au début du XY« siècle (Archives nationales, JJ 172, n"* 126).

3. Archives nationales, KK 55, f'* 117 v° ; Bibliothèque nationale, ms. français 32511, fol. 178 et 186.

4. En 1459, M^ Guillaume d'Auge, qualifié de '* physicien de monseigneur Charles de France", est inscrit pour 400 livres de pension (Bibliothèque nationale, ms. français 32511, f*^ 204). Sur ce personnage, voir L. Jarry, Histoire de Clérg (Paris, 1899, in-8), pp. 106-107.

5. Nous savon<^ seulement, par des lettres de Charles VII données à Tours le 24 mai 1448 (Bibliothèque nationale, coll°" Dom Grenier, vol. 34, p. 1010), que le roi avait institué son jeune enfant *' fondateur " du nouveau couvent de Clarisses établi à Amiens : " nous rcquerrans humblement qu'il nous plaist consentir que nostre très cher et amé fils Charles de France soit fondateur, ce que nous leur avons libéralement accordé ".

milieu de ses ébats, de ses dévotions, de ses achats, de ses occupations, de ses premières études ; nous connaîtrons à la fois son entourage, ses goûts, ses fournisseurs ordinaires, ses premiers maîtres. On ne s'étonnera donc pas de nous voir insister un peu longuement sur ce côté peu banal de cette biographie ; on aime à s'attarder à la contemplation de ce milieu paisible et consolant, avant d'aborder les luttes politiques où s'affirmeront l'ambition, la ruse et le mj^stère.

La reine Marie d'Anjou se déplaçait volontiers ; dans le courant de l'année 1454, elle vient s'installer au beau château de Chinon *, et, le 10 décembre de la même année, elle quitte Chinon pour Mehun-sur-Yèvre - . Naturellement, elle emmène toujours avec elle ses deux jeunes enfants, ses nombreux serviteurs et sa ménagerie. Charles « le bien aimé » reçoit de sa mère de fréquents petits cadeaux : en un mois, « pour soy esbatre » et pour ses jeux, il a un écu d'or (27 sous 6 deniers) le 12 octobre, et autant le 31 « pour acheter des merceries à sa plaisance, d'un mercier venu au château de Chinon » ^ ; de nouveaux dons, plus ou moins importants, lui sont faits en janvier, février, mai, juillet, août et septembre de l'année suivante. Le 26 novembre 1454, il se rend avec sa mère en pèlerinage à « saint Feslier » * , près de Selles-sur-Cher, et pour l'offrande aux reliques il a reçu un écu ; en mars 1455, il va faire une neuvaine en l'église Notre-Dame de Mehun-sur-Yèvre, accompagné de Jeanne Mareschal, sa gouvernante, qui paie 40 sous tournois pour les offrandes et les cierges du jeune prince ^ . Et comme Saint-Mathurin-de-Larchant ^ est

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