ACTE T, SCÈNE Y. i
De chacun des Français confiés à mes soins Soulager l’infortune , adoucir les besoins j Et jusqu'au sein des maux où tu gémis en proie Faire dans ta prison luire un rayon de joie ,
0 mon père! ô moh maître ! Uusi fortuné jour Est pour moi le garant de (on prochain retour.
Prince , de ce traité , notre commun ouv rage ,
Sans doute en homme , en roi vous goûtez l’avautage 5 Et je ne croirai point qu’en me jurant la paix D’une infidélité vous cachiez les apprêts.
LE ROI DE NAVARRE- Moi , prince , vous trahir !
LE DAUPHIN
On veut que je le craigne :
Mais j’écarte un soupçon que ma vertu dédaigne. '
Prince , j’ai souhaité pour mieux serrer nos nœuds ,
Que le même palais nous recueillit tous deux.
Ici plus librement nous pouvons l’un et l’antre Echanger les secrets de mon cœur et du vôtre.
Ici vous me voyez environné d’amis
Dont les vœux, les destins , les bras me sont soumis ;
Cortège infatigable et prompt à reconnaître’
' Le poignard du méchant ou l’embûche du traître.
En vain vous formeriez, démentant votre foi ,
Des vœux honteux pour vous et funestes pour moi. Laissant donc du passé la triste expérience ,
Je vous rends aujourd’hui toute ma confiance.
La vôtre y répondra : je n’en veux point douter Avec mes ennemis , je sais l’art de les traiter.
Mon père m’instruisit par quelle noble adresse
iG CHARLES DE NAVARRE,
On force les mortels à tenir leur promesse,
A défendre leur cœur du Vœu des trahisons ;
Et pour mettre à profit ses louchantes leçons Je viens devant ma cour , de ses vertus remplie , Signaler le moment qui nous réconcilie Par un gage éclatant de générosité.
Vous avez de Clisson plaint la captivité.
Il est libre ; et bien^t ce guerrier que j’estime ,
Des rigueurs du pouvoir imprudente victime ,
Doit de son protecteur embrasser les genoux.
(à Catherine. )
Je m’attache un ami ; je vous rends un époux.
L’ordre est donné , madame , et Clisson va paraître.
• v r CATHERINE.
Ah ! prince , à ce bienfait j’aime à vous reconnaître. Vous imitez un père et vous le surpassez.
Il est libre.
V ECQ ÜIGNY.
Est-il vrai ?
LE ROI, bas à Pecquigojr.
Mes vœux sont exaucés.
( Haut au Dauphin. )
Mon rival est perdu. Votre équité suprême En délivrant Clisson doit. . .
CATHERINE
Le voici lui-même.
Je cours de mon bonheur m’assurer dans ses bras.