‹ Charles de Valois (1270-1325)Chapitre 198 sur 432 · Arch. Pas-de-Calais, À · texte numérisé non relu

Arch. Pas-de-Calais, À

8. Ibidem; À 64. Ch. Parisienne anonyme, XI, p. 59; Dufayard, o. c., I, p- 266 et ss.; Lehugeur, o. c., p. 185-191.

9. Aux nobles d'Auvergne par exemple, Baluze, Hist. générale de la maïson d'Auvergne, I, p. 151.

Les affaires d'Artois eurent un dernier épilogue : plusieurs seigneurs de Picardie et d'Artois, pour se venger du comte de Nevers et rentrer en grâce auprès du roi, accusèrent Louis d'avoir voulu empoisonner son père le comte de Flandre !. Le malheureux Louis de Nevers fut de nouveau emprisonné, et cette fois il y resta jusqu'à l'avènement de Charles IV qui lui rendit la liberté ?, Quant à son fils, gendre de Philippe V, il reçut le comté de Nevers et les droits d’héritier présomptif du comté de Flandre. Le but de cette intrigue s'aperçoit facilement : pour régler enfin les affaires de Flandre, Philippe V faisait revenir directement le comté à son gendre, au détriment de Louis de Nevers.

Philippe V fit d’ailleurs de sérieux efforts pour pacifier et rendre la justice : Enguerrand de Marigny fut enlevé du gibet, en 1317, avec son autorisation #. En mai 1319, un arrêt rendu par les commissaires royaux, et approuvé par le roi, proclama l'innocence de la femme et de la sœur d'Enguerrand#. Les biens confisqués furent restitués5. Charles de Valois assistait à cette réhabilitation, et s’honora en s’y associant : on sait d’ailleurs qu'à sa mort il manifesta ses remords d’une manière encore plus éclatante. Philippe V ne manquait pas de fermeté : Béraud de Mercœur, déjà pardonné une fois f, fut disgracié sous l'inculpation de complicité avec les nobles de Bourgogne, et ses

biens furent confisqués 7, malgré l'intervention personnelle du

1. Cont. de Nangis, A. F., p. 621 ; J. de Saint-Victor, XXI, p. 673.

2. Ibidem ; sur sa libération et sa mort en 1322, Cont. de Nangis, H. F., XX, p. 631.

3. Cont. de Nangis, H. F., XX, p. 619; Ch. de Saint-Denis, XX, p. 700.

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D A.N., JJ 56, f0 17: JJ59, 10, 80vo.

6. Le pape remercia Charles, A. Coulon, 0. c., n° 1076. 7. A. N.,JJ 55, n° 16; Lehugeur, o. e., p. 276. — Il était accusé d’avoir appelé Henri de Sully « architofel »; il répondit que c'était parce qu'il soupçonnait celui-ci de l'avoir accusé à tort du soulèvement de la Bourgogne. Charles déclara alors « que aus paroles qui furent dites il fu presenz, mais, en l'ame de li, li sires de Suily n'en parla onques »; alors Béraud accepta cette parole, ets’excusa, À. N., JJ 55, fo 46.

pape en sa faveur !. Béraud était l'oncle par alliance de Charles, fils de Charles de Valois, qui l'avait déjà fait rentrer en grâce auprès de Philippe IV ?. La même année, de l’avis de son frère et de ses conseillers, Philippe V avait supprimé, jusqu’à présentation de titres indiscutables, les rentes perçues sur le Trésor par plusieurs des conseillers de son père : Pierre de Chambly, Hue de Bouville, Guillaume Flotte, les héritiers de G. de Nogaret et de G. de Plaisians, et bien d’autres encore 3. Chaque roi, en effet, avait ses favoris à contenter aux dépens de ceux des règnes précédents, et le procédé était le même, quel que fût le souverain.

Charles de Valois continua à jouir d’une certaine influence : Jean XXII exempta ses terres du subside payé au roi, et lui

attribua les annates à percevoir pendant quatre ans dans tout son domaine #, Comme les gens du roi prétendaient que cette concession ne comprenait pas les annates des cathédrales d’Angers, de Chartres et du Mans, Jean XXII prévint Charles qu'il avait écrit au roi pour protester contre cette prétention ?. Jean XXII, nous l’avons vu, s’adressa fréquemment à lui et lui recommanda une foule de petites affaires : 1l le pria de faire la paix entre Béraud de Mercœur et Henri de Sully 6, de protéger ce dernier contre Philippe de Valois, et de lui pardonner 7; il lui recom-

1. Le pape intercéda pour lui auprès du roi, de Ch. de V., et d’autres personnages, À. Coulon, o. c., n° 1083.

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