‹ Charles de Valois (1270-1325)Chapitre 237 sur 432 · septembre 1325, Rymer, Il2, p · texte numérisé non relu

septembre 1325, Rymer, Il2, p

Un dernier écho de la campagne de Charles en Gascogne, et de ses luttes contre l'Angleterre, se trouve dans un procès politique peu postérieur à ces événements, celui d’Artaud Flotte, abbé de Vézelay. On lit, en effet, dans l'acte d'accusation dressé contre lui, qu'aidé de Gui Grimaud, chevalier du Nivernais, il

. tenta de détourner Charles de Valois du parti français pour en faire l’allié du roi d'Angleterre !. Ces étranges propositions, si elles ont jamais été faites, n'avaient aucune chance d'être agréées; mais elles sont assez curieuses pour mériter d'être signalées.

Charles de Valois touchait à la fin de sa longue carrière, survivant à son frère et à deux de ses neveux. Il avait été en somme moins malheureux qu'on ne le dit généralement : nous avons montré que s'il avait échoué pour son compte dans des entreprises irréalisables, partout ailleurs il avait été heureux, notamment en servant les rois de France contre les Flamands et les Anglais.

Depuis longtemps, Charles avait songé à sa mort : son premier testament date du 22 décembre 1320, son dernier du 17 septembre 1325. Il y avait fait, comme tous les gens de ce temps, de très nombreux legs, assignés sur les 100.000 I. t. que le pape lui avait données en 1323 ?,

1. «Item pourchacerent li dits Guys Grimaus et abbez, et en firent tout leur pover au temps que messire de Valois, que Dieu absolve, estoit en Gascogne et que messires inffens d'Hespaigne y alla, que li dits Guys et abbes menerent le dit conte jusques a Ollien et le cuiderent mener jusques en Angleterre, afin de allier le dit conte au roy d'Angleterre contre le roi Charles, dont Dieu ait l'ame, et firent garnir les passages, les chemins et avenues des ports de grands chevaux, mais le dit conte, contre leur volonté et malice, s’en retourna comme il plut a Dieu. » — Cet acte d'accusation, conservé jadis aux Archives de Nevers, n'est plus connu que par l'édition de M. de Soultrait, o. c., p. 654.

2. Le premier testament était assigné sur les revenus du Valois et les biens meubles,

Charles de Valois avait obtenu de Clément V l'autorisation de

partager son corps après sa mort ! : il demanda que son corps fût

mis entre ses deux premières femmes, mais son cœur devait être

près du lieu où sa troisième femme élirait sépulture, et ses

entrailles devaient être déposées dans l’abbaye cistercienne la plus proche du lieu de sa mort ?.

Charles de Valois, qui était allé en Champagne au mois de février #, et à Villers-Cotterets en septembre 1325 #, se transporta dans son comté de Chartres. Mais là, la maladie, pour laquelle Jean XXII lui adressait des encouragements dès le 3 août 1325, s'aggrava et il fut atteint au Perray 6 d’une paralysie de la moitié du corps 7, ou d’une violente attaque de goutte 8. Se sentant gravement malade, Charles se rappela une violence qui lui avait fait peu d'honneur : la mort d'Enguerrand de Marigny. Pour attirer la miséricorde divine sur son âme et sur son corps, il fit faire de nombreuses aumônes aux pauvres de Paris, auquels on devait dire : « Priez Dieu pour monseigneur Enguerrand de Marigny et pour monseigneur Charles de Valois ? », et les chroniqueurs remarquent que Marigny était nommé avant Charles.

Charles de Valois mourut au Perray 0, le 16 décembre 1325 11,

4, 8 avril 1312, A. N., L 295, n° 39, P, J., n° XIIL: Reg. de Clément V, VII, p. 51.

2 D NN, J 1604, n°954.

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