‹ Charles et Caroline, ou, Les abus de l'ancien regimeChapitre 17 sur 38 · BAZILE, CAROLINE, LE COMTE DE PRÉVAL · texte numérisé non relu

BAZILE, CAROLINE, LE COMTE DE PRÉVAL

Le Comte.

VVuE je m’estime heureux, belle Caroline , de vous ren- ^^conlrer chez vous! Je viens vous entretenir de choses sur lesquelles il paroit que mon valet s’est mal expliqué, je viens combattre de petits scrupules ,-que , sans doute , je n’aurai pas de peine à dissiper.

Caroline.

Monsieur est le comte de Préval ?

, L E Co M T E,

Oui , ma belle,

Vous n’perdez pas de tems. Monsieur, a c’qu’im’paroiC, Le C o m te.

Quel est ce garçon là?

‘Caroline.

C’est un honnête homme , rarni intime de Charles,

Et peut-être un peu le vôtre ?

Caroline.

J’aime tous les amis de mon tmoux.

En ce cas, vous ne pouvez me refuser un peu d’amitié , personne ne {m’intéresse plus vivement que moi au sort de Charles , personne n’est plus disposé k lui donner des preuves de bonté et d’attachement.

Caroline.

Ces preuves. Monsieur, ont déjà été trop loin; je ne* sais comment nous avons pu mériter, . .,

Le Comte.

La beauté a des droits aux hommages de tous les hommes, et la beauté soulFranle est plus intéressante encore.

CHARLES

J’ai l’îionneur de vous prévenir , Monsieur, que de tous les suffrages celui de Cl?arles est le seul qui puisse rue IJatter. Je suis loin de me croire belle; lufris il rue suffft de le paroîlre à ses yeux, ()uaul a l’intérêt que vous rrre témoignez , j’ignore sur quoi il est fondé. Jamais je n’ai importuné de mes plaintes l’opulence ni la grandeur, Dans notre nrédiocrité^ nous sommes même quelquefois utiles a nos semblables, et néus vous reînercions de vos offres avec la modestie qui convient à noLr® situation, et la noble fierté qui sied à l’indépendance, BAZILE,a Caroline,

Ferme, ça va ben.

Le Comte.

Vous m’étonnez , Caroline.

Caroline.

Tant pis pour celles qui vous ont autorisé à douter des vertus les plus simples.

Le Comte.

Vous avez vu votre mari?

Caroline,

11 me quitte à l’instant.

Le Comte.

Et il vous a fait la leçon.

Il est des choses. Monsieur, sur lesquelles je n’ai besoin des avis de personne.

Le Comte, à -part.

Réponse à tout. ( hauh ] Cependant vous avez consulté Charles. . , .

Et je le devois , Monsieur. L'ne femme qui respecte son mari , qui s’estime elle-niôme. . . .

Oh! grâce, s’il vous plaît, de ces maximes qui portent avec elles l’ennui et le dégoût. Voici le fait ; je vous ai envoyé de l’argent; parce que j’ai présumé que vous en aviez besoin, je vous ai fait offrir ma protection, parce que je crois qu’elle peut vous être utile. Vous êtes épouse , vous êtes mère , iious observerons les bienséances qu’exigent ces deux titres. Je procure à Charles un emploi lucratif dans nos colonies. Vous éleverez votre enfant dans la plus grande aisance , et je veillerai moi-même à son éducalian.

Monsieur s’embarque donc aussi pouf les grandes Indes?

Kon Monsieur , je ne m’embarque pas. Je garde avec moi ia belle Caroline, dont la santé délicate ne supporteroit pas un aussi long voyage ^ et j.e, ^ ,.9

B A Z I L E , chantant*

On s’expose k compler deux fois. ...

, Caroline. «

C’est assez , Monsieur, terminons un entretien qui me gêne , et qui ne vous conduiroit à rien. Supprimez un langage qui ne convient point à mes mœurs , et qui ne prouve pas en fd« veur des vôtres.

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