Charles-François Baillargeon [microforme]
par lu miséricorde de Dieu et la grâce du Saint-Siége apostolique, Archevèque de Québec, Assistant au Trône Pontifical, etc., cte.
Au Clergé séculier et réqulier de notre diocèse, Salut et Bénédiction en Notre- Seigneur.
C'est avec une profonde douleur, Nos Très-Cakps CooP£RATEURS, que nous avons pris connaissance d’une brochure intitulée : Zéponse aux. dernières attaques dirigées par M. l'abbé Chandonnet contre les partisans de la méthode chrétienne. ...par Gcorge Suint-Aimé, 1868.
Sous le prétexte de répondre à des attaques dirigées contre un système qu’il affectionne, l’auteur, caché sous un faux nom, déverse l’injure et la calomnie contre deux prêtres honorables et occupant des places de confiance, sous notre autorité, dans ce diocèse; porte atteinte à notre autorité épiscopale, qu’il avait déjà méconnue ouvertement dans une brochure précédente, et stigmatise, comme propre à faire revivre le paganisme dans l’Egliso, un système d’enseignement qu’il sait bien être fout-a.fait permis par le Saint-Siége, ct suivi dans tous les pays catholiques et jusque dans les murs de Rome. Et pourtant, dit l’auteur de la brochure, citant les paroles de Mgr. Plantier, V’Æylise redoute, détes:e, maudit, combat et condamne l'erreur sous toutes les formes et dans chacun des faux systèmes qu’elle enfante.... Elle a peur et horreur des fausses doctrines...
Que dirons-nous de l'acte malhonnête ct indigne d’un homme d’honneur, par lequel l’auteur s’est emparé directement ou indirectement de lettres privées pour les rendre publiques ? Nous laissons à la conseience des honnètes gens à juger de. ce procédé, que le même auteur ose appeler légitime et providentiel.
Nous ne dirons rien des interprétations fausses et calomnionses données à ces-lettres. Nous.devons seulement en justiee à M. Cliandonnet de déclarer que nous l'avions chargé, par l'entremise de M. Benjamin Pâquet, de voir auprès des Congrégations Romaines, quels moyens il fallait prendre pour mettre un ierme efticace à des discussions qui ne pouvaient que faire du mal: Ces deux prêtres n'étaient donc pas des intrigants, ni des cabaleu:3, ni des conspirateurs 8e jouant de la vérité et de leur archevêque, comme l’a prétendu l'auteur de la brochure.
PS
Mais nous jugeons qu’il est temps d’user de l'autorité que Îles sain*es lois de l'Eglise nous donnent, pour arrêter et prévenir non-seulement les erreuis, mais aussi les scandales et les divisions dans notre diocèse.
En conséquence nons condamnons les deux brochures publiées sous le pseudonyme George Saint-Aimé, et intitulées, la première, Lettre à Monseigneur Baillargeon, évèque de Tloa, sur la question des classiques,et commentaires sur la lettre du Cardinal Patrizi ; la seconde, Æéponse aux dernières attaques dirigées par M. l'abbé Chandonnet contre les partisans de la méthode chrétienne, et commentaires sur les documents authentiques qui dévoilent les machinations de MM. les abbés Chandonnet et Benjamin Pâquet.
Sous peine de désobéissance grave et d’excommunication ferendæ sententiæ, pour les laïques, et de suspense ipso facto, pour les membres du clergé, nous défendons à tous les fidèles soumis à notre jurisdiction, de lire, de prêter, ou
mème de garder en leur possession les deux susdites brochures, ou l’une d’elles,
ou copies d’icelles, ou les manuscrits de l’auteur, et même enjoignons, sous les mêmes peines, de les brûler dans les trois jours qui suivront la connaissance reçue de la présente condamnation.
Sous les mêmes peines, nous défendons encore :
1° De rien publicr sur cette question, sans notre permission ;
2° De contribuer positivement soit par des avis, des conseils, des renseignements, de l’argent, ou de quelque autre manière que ce soit, à la publication de nouveaux écrits sur cette question, en dedans ou en dehors du diocèse ;
3° Delire, ou de garder en sa possession, des écrits, publiés désormais ailleurs sur cette matière sans l’approbation expresse de l'ordinaire du lieu d’impression.
Si, ce qu’à Dieu ne plaise, l’auteur ou les auteurs de ces deux brochures sont de notre diocèse, nous leur enjoignons de réparer le scandale donné rar leur
mépris de l'autorité archiépiscopale, et le tort causé au prochain ; : leurs
détractions, et, s’ils ne le font dans les trente jours qui suivront la connaissance acquise de la présente lettre pastorale, ils encourront ipso facto les peines ci-dessus.
Nous nous réservons à nous et à nos grands-vicaires l’absolution des censures portées ci-dessus, excepté dans le cas où cer censures auraient été encourues