Lettre de Gerhardt à Williamson, du 4 mai
GAHOURS A LA MONNAIE 243
vie de son ami et informait Williamson que Laurent laissait heureusement achevé un ouvrage intitulé Méthode de chimie.
J'en connais à peu près le contenu, dit-ir, Laurent m'en ayant dans le temps communiqué certaines parties : c'est plein de vues neuves et hardies. J'en attends la publication avec impatience.
Je crains, écrivait-il à Chancel*, que l'ouvrage ne produise pas l'effet qu'il eût produit trois ou quatre ans plus tôt. Le temps de la critique est passé : nous avons démoli ensemble ce qu'il y avait à démolir, mais aujourd'hui, il s'agit d'édifier. Or, je ne pense pas que sons ce dernier rapport les idées de Laurent soient conformes aux besoins actuels de la science, ces idées ayant plutôt un caractère analytique que synthétique.
Le pauvre Laurent agonisait, que Gerhardt apprenait que sa succession place était déjà disputée. Il en écrivit à M. Dumas qui était Monnaie. absent de Paris pour lui rapporter les rumeurs qui circulaient.
La réponse pleine d'habileté de Tillustre sénateur montrait entre les lignes qu'il ne ferait rien pour lui :
18 avril 1853.
Mon cher Monsieur,
11 m'est absolument impossible de revenir à Paris avant quelques jours. Je crains, d'après ce que vous me dites, que toute démarche ne soit peu utile ; cependant votre position exige que vous en fassiez une. Il faut écrire à M. le ministre des finances, en lui envoyant la liste de vos titres.
Cette démarche, en la supposant sans résultat actuel, aura pour eflFet de rappeler que vous avez le désir d'être employé où on trouvera l'occasion de vous être utile, et je suis sûr que tout le monde s'y prêtera. Ne perdez donc ni le courage ni l'espérance.
Tous mes compliments.
J. Dumas.
Gerhardt se mit en mesure de faire les démarches nécessaires et obtint de son demi-frère de le recommander auprès du ministre des finances Bineau, mais inutilement, il avait été devancé. L'ami qui lui avait ravi la place de professeur à la