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Les densités admises alors étaient les suivantes

Hydrogène 0,0687

Oxygène 1,1026

Carbone 0,414

(Dumas.)

équivalents.

sitîon de Toxyde merciirique; ici, on abandonnait absolument la considération de sa densité de vapeur, qui aurait conduit h un poids atomique moitié moindre.

Ainsi, les bases de la théorie atomique d'alors furent les mêmes à peu près que celles de la théorie atomique actuelle; mais elles renfermaient deux causes d'erreurs : la confusion entre l'atome et la molécule, et Tintervention du principe de l'équivalence.

De toutes ces considérations, Berzélius déduisit un ensemble Poids atomiques

' de Berzëbus;

de poids atomiques qui ne diffèrent des poids atomiques actuels ^ °J^^^®j^^^ que par douze éléments, les métaux alcalins et Targent, auxquels il donne une valeur double, le silicium, le bore et quelques métaux rares. Les nombres proportionnels de Berzélius furent adoptés par la majeure partie des chimistes. Ceux de Dumas n'en diffèrent que pour le bore, le lithium, et le carbone, auquel il attribue une valeuf moitié moindre, et il fut suivi par les chimistes français. Liebig et son école adoptèrent les chiffres de Berzélius *.

A côté de la notation atomique, existait aussi la notion en équivalents, qui ne tenait aucun compte des densités gazeuses et de la loi de Dulong et Petit, déterminant les nombres proportionnels, en s'appuyant seulement sur l'analyse des composés oxygénés et le principe de l'équivalence.

Berzélius voulut concilier les deux notations, en créant une notation mixte qui devait satisfaire tout le monde et qui ne contenta personne. Il eut l'idée de créer des symboles nouveaux, des lettres barrées qui représentaient tout h la fois l'équivalent et l'atome double; ainsi le symbole H était l'équivalent de l'hydrogène, et un double atome, l'atome simple ayant pour symbole un H non barré. La formule HO de Teau «lisait : Veau renferme un équivalent d hydrogène et un équivalent croxygène. Elle disait aussi : Leau renferme 2 volumes ou 2 atomes cPhydrogène^ et 1 volume ou 1 atome d'oxygène. Dans

1. L'oxygène étant 100, Berzélius faisait le carbone égal à 76,44, Dumas à 38,2. Ces chiffres étaient trop élevés. Les analyses de Dumas et de Stas ont montré que l'oxyde de carbone renferme 15 de carbone pour 100 d'oxygène. Le chiffre de Berzélius doit être ramené à 75 et celui de Dumas à 37,5, soit, Thydrogéne étant pris pour unité, le carbone était 1*2 pour Berzélius et 6 pour Dumas.

la table que Berzéiiiis donna en 1835, H donne d'un côté les poids atomiques rapportés à 100 d'oxygène, de Vautre les nombres proportionnels rapportés à H égal à 1, le symbole de rhydrogène non barré ayant une valeur de 0,5, ce qui fait que cette seconde table est une table d'équivalents. Cette tentative fut d'autant plus malheureuse que Berzélius emploie dans une même formule les deux symboles; ainsi l'acide acétique anhydre, dont il suppose l'existence dans les acétates, étant pour lui C*H®0% il écrit son hydrate, c'est-à-dire l'acide acétique C^H«0',HO.

Cette notation n'eut aucun succès, elle avait cependant cette grande supériorité sur la notation en équivalents, qu'elle tenait compte dans la formule des rapports volumétriques, qu'en écrivant HO, elle rappelait la combinaison de deux volumes d'hydrogène et d'un volume d'oxygène, condensés en deux volumes, relations qui sont absolument masquées dans la formule HO.

Quoique l'œuvre de Berzélius ait été imparfaite, et quelle œuvre de savant peut être complète de tous points? il n'en est pas moins vrai que nous devons h ce grand génie l'idée si féconde de représenter les corps simples par des symboles, d'attribuer à ceux-ci une valeur indiquant les rapports pondéraux suivant lesquels ils entrent en combinaison, de synthétiser les réactions par des équations; le premier en 1813 il donna im système complet de nombres proportionnels dans son fameux Essai sur les propo7*tions chimiques. Il éleva un édifice que ses successeurs ont pu étendre et modifier sans en changer notablement le plan primitif.

Formules rationnelles ;

théorie dualistique ;

théorie des éthers.

Après avoir donné un système de poids atomiques pour les corps simples, Berzélius chercha, par des considérations diverses, mais insuffisantes dans un grand nombre de cas, k déterminer les formules des corps composés. Le principe de Féquivalence, ou plutôt de la saturation, fut appliqué à l'établissement des formules des acides dont le nombre proportionnel fut choisi d'après la quantité de ces acides qui sature un équivalent de potasse. Le potassium ayant alors un poids atomique égal à 78 (II = 1 ), quantité qui dans l'oxyde de potassium s'unit ù 16 d'oxygène, on écrivait la potasse KO, et on prit comme nombre

proportionnel des acides, la quantité de ceux-ci qui s'unit à KO : c'est ainsi que le nombre proportionnel de Tacide chlorhydrique fut fixé h 71, qui renferme 2 atomes de chlore et 2 atomes d'hydrogène; l'acide chlorhydrique fut alors écrit IPCl*. Pour la même raison, l'acide azotique était représenté par la formule Az'O'H*. D'un autre côté, la quantité de gaz ammoniac qui sature 71 d'acide chlorhydrique est de 34 ; l'atome d'azote étant égala 12, celui de l'hydrogène k 1, le nombre proportionnel 34 du gaz ammoniac renferme 2 atomes d'azote, 6 atomes d'hydrogène, d'où la formule Az'H* pour le gaz ammoniac.

Les formules des acides organiques furent choisies d'après les mêmes règles et correspondent h la quantité de ces acides qui sature 94 de potasse anhydre ou 232 d'oxyde d'ai^ent, le symbole de l'argent Ag représentant une valeur égale h 216, et l'oxyde d'argent analogue à la potasse étant AgO; on arrive ainsi aux formules C*II"0*.pour l'acide acétique, C**II"0* pour l'acide benzoïque, doubles de celles que nous adoptons aujourd'hui. C'est Gerhardt, comme nous le verrons, qui devait, le premier, les dédoubler.

Pour Dumas et son école, qui attribuaient au carbone une valeur moitié de celle que lui attribuaient Berzélius, Liebig et l'école allemande, l'acide acétique est C'n*0\ l'acide benzoïque C^»H*^0\

11 est h remarquer que les formules de ces divers acides correspondent h 4 volumes de vapeur*.

Un grand nombre de composés organiques furent ainsi représentés par quatre volumes de vapeur :1e chloral, le chloroforme, l'éther chlorhydrique, l'éther formique; mais d'autres correspondaient h deux volumes : éther oxalique, éther succinique, etc. De même, l'éther ordinaire avait pour formule

1. Cela veut dire que leur densité gazeuse est le quart de la somme des densités gazeuses des corps constituants; ainsi Tacide chlorhydrique étant H*C1*, renferme

2 volumes hydrogène = 2 x 0,0693 = 0,1386 2 — chlore =2x2,4500 = 4,9000 la somme des densités est donc de ... . 5,0386 dont le quart est i,2o, densité du gaz chlorhydrique.

On voit ainsi que les corps dont la formule correspond À 4 volumes occupent & rétat de vapeur, sous un poids représenté par leur formule, quatre fois le volume qu*occupent i d'hydrogène ou 16 d'oxygène : 71 grammes de gaz chlorhydrique, 71 étant le nombre proportionnel de H*C1*, occupent quatre fois le volume de 1 gramme d'hydrogène ou de 16 grammes d'oxygène.

C*H*®0 (C=12) correspondant à deux volumes, et Talcool était écrit C*U"0» correspondant à quatre volumes. Même irrégularité dans les formules des composés minéraux; on avait :

•2 volume».

4 volumes.

H'Cl»

H«Br'

Az«H'

etc.

Quant aux corps neutres et non volatils de la chimie organique, aucune règle n'est invoquée pour la fixation des formules, qui ne sont qu'une traduction arbitraire des résultats analytiques.

Ce sera ToBuvre de Laurent et de Gerhardt d'établir la règle là où règne l'arbitraire , et de répandre la lumière dans les parties obscures de la science chimique.

Les formules brutes, traduction de l'analyse, ne pouvaient suffire à satisfaire l'esprit des chimistes d'alors. Dès ce moment, en face des phénomènes d'isomérie, ils cherchent à se rendre compte de l'arrangement des éléments dans les corps composés, ils essaient de construire des formules rationnelles, comme on disait déjà, de fixer les positions relatives des groupes d'atomes.

Dès le début de la chimie scientifique, dès l'origine des formules, cette préoccupation apparaît dans l'esprit de tous. Quand, plus tard, wSainte-Claire Deville reprochera à Wurtz et à ses disciples de faire de l'architecture d'atomes, il oubliera que ceux-ci ont marché dans une voie ouverte par Berzélius, Dumas, Liebig, etc.

Berzélius avait créé la théorie dualistique, basée sur les phénomènes de l'électrolyse des sels. Pour lui, tous les corps sont formés par l'union de deux groupes ou deux éléments, Tun électro-négatif, l'autre électro-positif. Dans les sels, il admet que la base et l'acide ont une existence séparée : le sulfate de potasse, par exemple, résulte de la juxtaposition de l'acide sulfurique anhydre et de la potasse anhydre; les acides eux-mêmes sont formés par l'union de l'acide anhydre et de l'eau, et c'est le remplacement de cette eau par un oxyde métallique qui donne naissance au sel. Appliquée aux acides

organiques, cette vue y admettait l'existence d'un acide anhydre sur lequel on raisonnait et qu'on n'avait jamais isolé • on parlait couramment de l'acide oxalique C*0», de l'acide acétique C*H«0% etc. (C=12). •

En appliquant la théorie dualistique aux composés organiques, Berzélius en vint à créer des formules complexes dans lesquelles il supposait l'existence d'êtres de raison, de groupements fictifs, absolument contraire aux faits de substitution sortis des travaux de Laurent et de Dumas; il ne pouvait admettre la formule donnée de la nitrobenzine, mais la regardait comme un nitrite d'oxyde d'un radical inconnu ; de même la nitronaphtaline était pour lui le nitrite d'oxyde d'isodécatesséryle, l'isodécatesséryle n'existant pas plus que son prétendu oxyde.

Les premiers essais de formules vraiment rationnelles furent d'abord tentés dans Tintention de rendre compte de Tisomérie d'éthers, comme le formiate d'éthyle et l'acétate de méthyle ; ils sont dus h Dumas et à Liebig.

Dumas, qui avait déjà considéré l'oxyde de carbone comme un radical pouvant s'unir à l'oxygène ou au chlore, admit que l'oxyde de méthyle et l'éther ordinaire sont des monohydrates d'hydrocarbures dont les alcools sont les dihydrates; il écrivait • (C=12).

Monohydrate d'éthylène Dihydrate d'éthylène

(éther ordinaire). (alcool).

C«HS2&

)ihydrate de mé (alcool méthylique) *

C*H*,H«0 C«HS2H»0

Monohydrate de méthylène. Dihydrate de méthylène

Les éthers chlorhydriques, dans la même théorie, étaient des chlorhydrates d'hydrocarbures; OH% 11*01% chlorhydrate d'éthylène, comparables au chlorhydrate d'ammoniaque Az«H%H«Cl*.

Liebig, au contraire, comparait les dérivés des alcools aux sels d'ammonium; de même qu'il regardait le sel ammoniac

i. Dans ces formules, pour les comparer à celles de Liebig. j'ai pris G= 12 (H = 1); mais Dumas, qui donnait au carbone un poids atomique écal à 6 érrivnit le méthylène C*H*, Téthyléne, Cm*. ®

CHARLES OBRHARDT. 20

comme un chlorure d'ammonium Az'H%Cl% de môme il écrivait Féther chlorhydrique C*H**C1% chlorure du radical éthyle C*II**. L'éther ordinaire était Toxyde de ce radical, Falcool en était rhydrate d'oxyde; ces formules étaient ainsi en concordance avec les formules des corps minéraux et comparables h celles des combinaisons du potassium.

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