HISTOIRE DU CHIEN DE BRISQUET
Ce conte si poignant dans sa simplicité faisait Vadmiration de George Sand.
En notre foret de Lions, vers le hameau de la Goupillière, tout jorès d'un grand puits-fontaine qui appartient à la chapelle Saint-Mathurin, il y avait un bonhomme, bûcheron de son état, qui s'appal dt Brisquet, ou autrement le fendeur à la bjnne hache, et qui vivait pé-iiblement du produit de ses fagots, avec sa femme qui s'appaliit Brisquette. Le bon Dieu leur avait donné deux jolis petits enfants, un garçon de sept ans qui était brun, et qui s'appelait Biscotin, et une blondine de six ans qui s'appelait Biscotine. Outre cela, ils avaient un chien bâtard à poil frisé, noir par tout le corps si ce n'est au museau qu'il avait couleur de feu ; et c'était bien le meilleur chien du pays, pour son attachement à ses maîtres.
On l'appelait la Bichonne, parce que c'était ime chienne.
Vous vous souvenez du temps où il vint tant de loups dans la forêt de Lions. C'était dans l'année des grandes neiges, que les pauvres gens eurent grand'peine à vivre. Ce fut ime terrible désolation dans le pays.
Brisquet, qui allait toujours à la besogne, et qui ne craignait pas les loups, à cause de sa bonne hache, dit un matin à Brisquette : — Femme je vous prie de ne laisser courir ni Biscotin ni Biscotine, tant que M. le grand-louvetier ne sera pas venu. Il y aurait du danger pour eux. Ils ont assez de quoi marcher entre la butte et l'étang, depuis que j'ai planté des piquets le long de l'étang pour les préserver d'accident. Je vous prie aussi, Brisquette, de ne pas laisser sortir la Bichonne, qui ne demande qu'à trotter.
Brisquet disait tous les jours la même chose à BrioquetLO. Un soir, il n'arriva pas à l'heure ordinaire. Brisquette venait sur le pas de la porto, rentrait, ressortait, et disait, en se croisant les bras : — Mon Dieu, qu'il est attardé !...
Et puis elle sortait encore en criant : — Eh ! Brisquet !