‹ Charles Vertel, Nathalie Oudot et Sainte-BeuveChapitre 41 sur 72 · LE SALON DE M""' VERTEL · texte numérisé non relu

LE SALON DE M""' VERTEL

remplacé auprès de Mme Vertel par l'abbé Piétri, aumônier du Sénat.

Des littérateurs en renom ou plutôt en situation d'en conquérir ne dédaignaient pas non plus de fréquenter ce salon qui paraissait aussi distant des salons en vogue que le quartier de la rue de La Hoquette était éloigné du faubourg Saint-Germain : d'abord Sainte-Beuve, toujours fidèle à celle dont il avait célébré jadis la « beauté sérieuse » ; puis Verconsin, l'auteur du Télémaque en vers ; et aussi Jules Janin, le critique à\\ Journal des Débats, Barthez, le médecin du prince impérial, est aussi un des habitués de ce curieux salon. Enfin, de modestes voisins de la maison ou du quartier étaient reçus et recherchés tant à cause de la bonté que Mme Vertel aimait à leur prodiguer dans tous les événements qui pouvaient intéresser son cœur toujours compatissant, qu'à cause de la supériorité qu'il lui était plus facile d'exercer sur eux.

Au plaisir des visites se joignait pour Charles Vertel celui des correspondances.

11 recopiait les lettres que sa mère écrivait. 11 tenait, comme pour les visites, le compte des lettres reçues. Les moins intéressantes aujourd'hui ne sont certainement pas celles de Sainte-Beuve. Le dimanche 6 janvier 1850, celui-ci écrivait :

Chère Madame, je suis tellement un manœuvre et si accablé de travaiH qu'il me faut attendre mon jour de congé, même pour écrire à mes amis et que je n'en ai pas le temps d'aller les embrasser. Le fait est que je n'ai jamais plus travaillé. Voilà mon excuse; ma pensée fait souvent bien du chemin; vous savez bien que vous, chère Madame, et les vôtres vous vous trouvez au bout d'une de ces perspectives et de ces avenues du passé. Je ne vis plus du tout en avant. Les souvenirs vrais ne peuvent qu'y gagner. Ditesvous cela. Toutefois, si arrêté que je sois du côté de l'avenir, je vivrai certainement toujours assez en avant et en espérance pour m'intéresser à tout ce qui arrivera d'heureux et d'agréable à vos chersenfants, à votre Charleset àMlle Noéma. Mon regret est de ne pouvoir y mieux contribuer et d'être inutile au bonheur et à l'agrément de

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