ACTE 1, SCENE V
Nous n'avions cependant pas cru que notre affaire,
En arrivant ici, serait justice à faire...
C'est bien : nous sommes comte et seigneur de haut lieu ;
Et nous nous la ferons nous-mêmes, de par Dieu ! . . .
Emportez ce cadavre, enfans, et qu'il obtienne
En terre consacrée une tombe chrétienne...
Adieu , mon serviteur, ou plutôt mon ami ,
Du sommeil de la mort avant l'heure endormi...
Nous étions nés tous deux dans une même année ,
Et j'espérais que Dieu dans la même journée,,
En face de l'Anglais , au plus fort du combat ,
Nous frapperait tous deux de la mort du soldat...
Il nous aurait bien dû cette dernière fête...
Il en juge autrement : sa volonté soit faite !
Il s'essuie les yeux.
Page , prends un cheval à grand' hâte , et rends-toi A Bourges , où tient sa cour notre seigneur le Roi : Dis que j'irai demain lui porter mon hommage, Et que je lui rendrai compte de son message.
A deux archers.
Vous, gardez l'assassin.
Au Chapelain, sans faire attention à Bérengère , qui lui tend les Lras.
Vous, mon père, venez.
Il sort.
BEREXGERE.
Pas un mot!..
A Yaqoub.
Tous les deux nous sommes condamnés!