ACTE II, SCENE VI
LE ROI, avec mélancolie.
Mon vieux comte, combien m'ont parlé comme toi, Qui depuis cependant ont parjuré leur foi ! La parole de l'homme est chose bien légère , Quand la guerre civile et la guerre étrangère , Poussant un pauvre état vers sa destruction, Jettent une promesse à chaque ambition.
Il s'assied.
LE COMTE, s'approchant de lui.
Sire , ce vieux château , depuis ses premiers maîtres ,
Compte dans ces caveaux douze de mes ancêtres
Qui, couchés aux lueurs de funèbres flambeaux,
Dans leurs linceuls de fer dorment sur leurs tombeaux...
Descendons , et cherchons à chacun la blessure
Dont l'atteinte mortelle a troué son armure ;
Puis le jour de leur mort ensuite nous dira •
En quels combats divers chacun d'eux expira :
Alors, vous connaîtrez que tous, frappés en face,
Sont morts, chacun des miens pour un de votre race...
Et cet examen fait, sire , malheur à vous,
Si vous doutez de moi, de moi dernier de tous!
Azincour pour le vôtre a vu mourir mon père :
En défendant vos droits je mourrai, je l'espère;
El plus tarda son tour faisant ce que je fis,
Mon fils, s'il m'en naît un, mourra pour votre fils.
LE ROI, se levant.
Comte de Savoisy, regardez-nous en face...
Nous sommes comme vous le dernier d'une race :
Nos deux frères aînés , l'espoir de la maison ,
Sont morts... et quelques-uns disent par le poison;
( H Mil ! S \ I
Philippe de B ur ,<■ pie * i J< n tix <; Bretagne,
Mes beaux- loua deux font contre moi campagne;
Manière, qui devrait m'ètre un puissant soutien,
Achèterait mon sang de la moitié du si< n ;
I [ue jour, quelque grande ssal qui m'abandonne
orne un fleuron vivant U mtx de ma couronne: Eh bien ! un seul instant a\ 01 hésité
\ remettre nos jours à votre loyauti .'... Notn suite . il est vrai, si le cas t( réels le, Est formidable et peut nous défendre : une femme , Deux pages, un bouffon! trois fauconniers; et si Même dans ce moment Charles «le Savois^ , ruinant quelque complot de sa main déloyal Tentait de m< ttre à mort ma personne royale,
, il aurait à craindre un combat meurtrier: Moi , vêtu de velours et lui couvert d'acii
ni mu ion épaule.
n\ fou !
il. COMTE.
l'irait que mieux , je 1«' présum Sire . i les deux nous changions de costume :
acier , quoiqu'ils soient un peu \ la t;iill«' <1 'un roi vont mieux que <!n < elours.
nr fuir un ennemi mortel d il la poursuite surtout ira '•• à ton i
cre : aide-moi.