‹ CharlesbourgChapitre 2 sur 56 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'organisation paroissiale, sous l'intandance de Talon, devait prendre un essor merveilleux. Au cours de ses nombreux instructions, Colbert n'avait pas oublié que le sort de la colonie reposait en grande partie sur le groupement des familles. De cette manière elles pourraient s'entr'aider, et se défendre contre les attaques des Iroquois.

" Il faut, disait-il, ramener autant que possible tous ceux qui se sont trop éloignés, et pour l'intérêt de la colonie, il faut que l'intendant s'occupe de faire préparer des terres et des habitations pour celles qui n'auraient pas d'autres ressources, au moins trente ou quarante habitations chaque année."

Se conformant à ces instructions, Talon soumit au Conseil Souverain un projet de fondation de paroisses des plus judicieux. Il avait à cœur de grouper dans la proximité de Québec des laboureurs tirés du régiment de Carignan - Salières et des anciennes familles canadiennes. Les vieilles trou-

pos licenciées pourraient être util'»sàla patrie menacée, et les hivernants prêcheraient d'exemple et de paroles pour les fins de l'aiifriculture Par ce moyen, disait-il, l'on fortifierait les paroisses, sans qu'il en coûtât un denier à la France, et les colons, rassurés sur leur sort, ne songeraient plus à se déplacer.

Cette politique fut féconde en bons résultats. Des paroisses nouvelles s'établirent dans les environs des villes.

Québec, alors la métropole du Canada, vit se fonder dans un rayon assez rapproché plusieurs centres qui grandirent vite. Ainsi Charlesbourg débuta sous l'œil de Talon. On peut dire que c'est la seule j^aroisse qui porte encore l'empreinte de l'idée créatrice du célèbre Intendant. Il en traça lui-même le plan, et en délimita les concessions. Aujourd'hui encore, l'on est surpris de constater la curieuse distribution des terres, qui viennent converger de toutes parts vers un centre disposé en un carré parfait. Les colons devaient construire leurs résidences dans ce carré : c'était le fort. Ainsi groupés, les habitants pourraient organiser promptement une

défense en cas d'attaque. Si la ville avait besoin de secours, un coup de canon suffirait à donner l'éveil, et les campagnes pourraient se porter en niasse vers le lieu menacé.

La monographie de Charlesbourg est donc intéressante à plus d'un titre.

M. Tru délie n'a pas voulu entrer dans le domaine purement historique. Ce travail a été accompli par M. l'abbé C. Trudelle ; son but consiste principalement à donner des détails généalogiques sur les premiers colons de Charlesbourg et sur leur desc ndance. Cette paroisse a vu se détacher tour à tour des essaims nombreux de cultivateurs, qui sont devenus fondateurs des paroisses environnantes. Un grand nombre de nos familles canadiennes tirent leur origine de ces endroits, et dans ces familles nous trouvons des notabilités dans les professions religieuses et civiles. Il y à là tout un monde de prêtres, religieux, religieuses, avocats, médecins, notaires, qui ont laissé un nom dans l'histoire du pays. Les notes touchant les seigneuries et leurs premières habitations serviront à guider le biographe dans ses

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