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autres propriétés, elle est retournée à la ‘ouronne. Dans cette seigneurie, la plus grande partie de la terre est d'une qualité supérieure, et également distinguée par sa fertilité: vers le front on trouve une bonne terre grasse mêlée d'argile et de sable ; au-delà et plus vers l'intérieur, il y a un beau terreau noir beaucoup plus sec et plus friable que la précédente, et dans le fond une bonne marne domine : la surface est inégale, et après avoir présenté un beau terrain plat près de la rivière, elle s'élève en chaînes de collines par degrés jusqu'à la limite du fond vers laquelle elle devient brisée, rude, et montagneuse. Environ les deux tiers de toute la superficie sont dans le meilleur état de culture et extrêmement bien habités. Le terrain plat près de la rivière s'appelle La Canardière, et il est entièrement employé en prairies et en pâturages ; les premières produisent d'abondantes récoltes de foin d'une qualité supérieure.

Les terres labourables sont très-fertiles en grain de toute espèce, et il y en a en outre une quantité considérable qui est employée en jardins, où l'on cultive

toute sorte de légumes d'une excellente qualité, pour l’'approvisionnement de la capitale. Les parties les plus cultivées sont trés-peu boisées, et présentent seulement de temps en temps des réserves où les arbres sont d'une dimension inférieure et de peu de valeur, mais ils embellissent assez agréablement le pays ; vers le fond le bois est abondant, et le terrain est concédé aux habitans en petites portions pour leur chauffage et leurs usages domestiques, et outre leur propre consommation, ils en fournissent une grande quantité pour l'usage de Québec. Le rivage du St-Laurent, en front de cette seigneurie, sert de chantier, et il est pourvu de vastes perches et de tous les moyens nécessaires pour assurer le bois de construction.

Le village de Charlesbourg est agréablement situé sur une éminence d’une hauteur considérable, à environ une leue au nord de Québec, et il est composé d'environ quarante maisons bien bâties qui la plupart ont une apparence respectable, et d'une belle église et d’un presbytère. Un bon jardin et un petit verger forment les dépandances de

chaque habitation. On y tient toujours les élections des membres du parlement pour le comté. Un peu au-dessous du village, sur le penchant d'ane petite sminence située au nord d'une route de concession ou de traverse, se trouve un petit groupe de belles maisons, appelé ordinairement le Petit Village, qui ne le cède point à l'autre par la beauté de sa situation. Des deux routes qui conduisent du pont de Dorchester, l'une à main gauche s'appelle le Chemin de Charlebourg, et l'autre La Canardiere, ou le Chemin de Beauport. Sur la derniere il y a une suite de belles maisons, d'excellens jardins, et de fermes trèsbien cultivées. Deux maisons d'une élégance supérieure, qui appartiennent à lHonorable P. Debonne, attirent ordinairement l'attention, par les avantages d'un bon style d'architecture et d'une excellente situation, par leurs beaux jardins, et par les arbustes et le:

plantations qui les entourent. Il y a aussi une maison très-spacieuse qui appartient aux Ecclésiastiques de Séminaire de Quebec, généralement connue sous le nom de La Maison des Prêètres :

ils Ia retiennent entre leurs mains eomme ferme, et elle sert aussi de liew de récréation pour tous les membres de cet établissement une fois par semaine.

“ D'ORSANVILLE (autre fief), au nordest de l'Epinay, est une petite concession qui ne contient qu'une superficie de 3515 arpens, faite en Mai, 1675, par lettres patentes du Roi, aux Religieuses de l'Hôpital Général de Québec, de qui elle n'a jamais été aliénée. Le soi dans ces deux pièces porte le même caractère, étant composé d'une terre légere et sablonneuse, entremêlée d'argile vers le front ; en avancçcant vers l'intérieure, elle se change en terreau noir, et dans le voisinage des montagnes c'est une bonre marne jaune : depuis la Rivière St. Charles, la surface est inégale et sélève de oollines en collines jusqu'au fond, où elle est plus escarpée et plus.

brisée. Pres de la riviere, il y a dans les deux consessions de belles prairies et de beaux pâturages ; environ la moitié des terres labourable est en trèsbonne cuiture, et produit du froment et d'autres grains en abondance, aussi bien qu'une grande quantité de différens

légumes pour la consommation de Iæ ville. Les parties basses sont assez peu boisées, mais sur les éminences et sur le penchant des montagnes, on trouve en profusion de beau hêtre, de l'érable, du bouleau, et d'autre bois de la meilleure qualité. La petite Riviére jaune et plusieurs petits courans qui tous se jettent dans le St. Charles, arrosent abondamment les terres cultivées.

L'EPpiNAY (fief), dans le comté de Québec, joint St. Ignace, et est borné par la Rivière S. Charles en front, et le township de Stoneham au fond ; il & onze arpens de largeur sur quatre lieues ue profondeur : il fut accordé le 28 Février, 1526, à Louis Hebert.

“ ST. IGNACE (la seigr eurie de), dans le comté de Quebec, est bornée en front par la Rivière St. Charles, au sud-ouest par Süilery et St. Gabriel, au nord-est par L'Epinay et le township de Stoncbam, et au fond par la seigneurie d'Hubert ; elle a une demie-lieue de front, sur dix lieues de profondeur ; elle fut accordée le 20 Octobre, 1652, à la communauté de l'Hôtel Dieu, à laquelle elle appartient encore. A l'égard de la

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qualité de la terre et des particularités du sol, il y a une grande ressemblance entre cette seigneurie et celle de St Gabriel; la partie basse est grasse, fertile, et bien cultivée, pendant plus ae deux lieues vers le Lac St. Charles, et dans cette étendue, plusieurs fermes produisent abondamment du grain de toute espece. Sur quelques terrains, on

cultive le lin avec grand succes : sur la Riviere Sf, Charles, ies pâturages et les prairies sont si beaux, quis ne le cedent presque à aucun autre dans: la province : au-del:. au lac, le pays prend

un caractere montagneux et stérile, et ne présente point de terre sur laquelle l'industrie xisse exercer l'agriculture avec eéspour de succes. Dans la partie basse de la seigneurie, le peu de bois de construction qui reste est d'une dimiension inférieure, et se borne à quelques

pieces de terre boisée, éparses ça et 1à ;

À mais dans le voisinage du Lac St | Charles, et plus loin vers le fond, on en

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ment pittoresques de toute la province;

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ment au nord. Le bord du lac présente une apparence à la fois sauvage, romantique, et délicieuse : le cours irrégulier de ses rivages bas forme de nombreuses petites baies et des pointes de terre où les arbres qui viennent jusqu'au bord de l'eau, completent par la variéte de leur feuillage, et leur différ-nte hauteur à mesure qu ils sélévent sur les diverses

collines, une des vues les plus riches qui puissent flatter lœil d'un admirateur qui préfère une perspective ornée seulement par la main de la nature à ceile qui est embellie par les efforts d2 l'art.

Ce charmant panorama est à un peu plus de quatre lieues de Québec, et pendant le printemps et lété il est fréquemment visité à raison de sa beauté rustique : la route qui y conduit passe entièrement le long de la Riviere St. Charles, et par ses embellissemens, elle augmente beaucoup la satisfaction de ceux qui font ce voyage dont

personne ne revient sans une grande

satisfaction.

‘“ HUBERT (ia ssigneurie d), dans Îe comté de Québec, est située sur les derrieres des seigneuries de St. Gabriel et de St. Ignace, et à raison de son éloignement, elle est entièrement entourée des autres côtés par des terres en friche de la couronne ; elle a deux lieues de largeur sur autant de profondeur ; elle fut accordée Île 10 Juin, 1698, au Sicur Réné Louis Hubert. Ktant si loin au nort! de toutes les terres cultivées, la qualité où ia valeur de cette seigneurie

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est entièrement inconnue, et même le bois de construction qui s'y trouve ne paraît pas avoir été regardé comme un objet digne d'attention.

“SAINT (GABRIEL (la seigneurie de), dans le comté de Québec, est bornée au sud-ouest pa” Gaudardville, Faussembault, et des terres en friche de la couronne, au nord-:st par St. Ignace, en front par Sillery, et au fond par des terres en friche de la couronne; elle a deux lieues de largeur en front, mais comme les bornes latérales ne sont point parallèles, sa largeur au fond est de plus de quatre lieues ; sa profondeur est de dix lieues : elle fut accordée le 16 Avril, 1647, au Sieur Giffard, et c'est à présent une propriété de la couronne.

Deux lieues et dense de ce terrain furent accordées le 13 Mars, 1651, aux Hurons qui habitent le village de la Jeune Lorette, et le reste fut transféré par donation le 2 Novembre, 1667, à l'Ordre des Jésuites, par le Sieur Giffard.

La partie basse de cette seigneurie offre une terre bonne et fertile, le sol est en genéral une belle terre noir prés des premières montagnes, et dans le voisi-

nage du Lac St. Charles, c'est une marne légere; le reste, qui forme de beaucoup la plus grande partie de la «oncession, est si extrêmement rude et montagneux qu'il n'est nullement propre à l'agriculture. Vers le front, le bois de construction est assez rare, d'une grandeur inférieure et de peu de valeur ; mais sur les flancs des éminences et dans l'intérieur, le hêtre, l'érable, et le bouleau sont abondans, et lon y trouve du pin, et de temps en temps un peu de bon chêne. La Riviere St.

Charles y serpente d'une manière trespittoresque du sud-est au nord-ouest, pendant pres de deux lieues, le long de la partie basse de la seigneurie, et reçoit le tribut des eaux de plusieurs petits courans qui servent à l'arroser completement. Les Rivières Jacques Cartier, Ste. Anne,et Batiscan, la traversent sur différens points entre les montagnes, À une distance d'environ six milles du front, toute la terre est dans un état florissant de culture, et parsemée partout de maisons bien bâties, de bons Jardins, et de fermes bien meublées : audelà de cette partie on ne trouve

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partout qu'un triste désert qui n'est fréquenté par aucune créature humaine, excepté par les Indiens dans leurs parties de chasse. L'église et le presbytère de St. Ambroise, l'église de la Vieille Lorette, l'église et le village de la Jeune Lorette, un moulin à grain et une scierie, sont tous dans cette concession: des routes communiquent dans toutes les directions avec Qu: bec et les seigneuries d'alentour. Le village Indien de la Jeune Lorette est à huit ou neuf milles de Québec, situé sur la rive orientale de la Riviere St. Charles, sur une éminence qui domine une vue trésintéressante,très-variée,ettrès-étendue; la ville et les environs de Québec, qui sont toujours superbes de quelque côté qu'on en voie l'ensemble, forment la principale partie de cette vue ; mais elle s'étend trés-loin sur la rive méridionale, et elle se termine seulement par les formes radoucies des montagnes du sud, Le nombre des maisons est de quarante à cinquante, lesauelles ont à l'extérieur une certaine apparence de propreté ; elles sont principalement bâties en bois, quoiqu'il y en ait quelques-unes de

pierre. Les habitans, au nombre d'environ 250, descendant de la tribu de Hurons, autrefois si formidable même aux puissans Iroquois, jusqu'à ce que par un stratagème en quoi les sauvages font consister la plus grande partie de leur gloire et de leur mérite, Îles derniers, sous le prétexte spécieux d'une alliance, gagnèrent la confiance de leurs adversaires, et alors par un massacre général presque toute la race de ceux<i fut anéantie. Le peu qui purent s'échapper, fuirent vers les habitations des hommes civilisés, et s'établirent dans les forêts sur les derrières de Québec, à plusieurs centaines de milles de distance de la terre de leur ancienne tribu sur les bords du Lac Huron: par les efforts des Jésuites, ils s'approchèrent insensiblement de Québec, et l'on employa tous les efforts pour les retirer de la vie sauvage. À présent ils r ssemblent à peu près aux autres tribus dont nous avons déjà parlé, quoiqu'ils aient peutêtre fait de plus grand progrès dans la civilisation ; mais cet avantage se trouve balancé par les occasions nombreuses que leur fournit le voisinage de

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la capitale de se livrer à plusieurs de

leurs inclinations vicieuses, et dont ils sempressent assez de profiter, Le Cure de St-Ambroise fait aupres d'eux les fonetions de missionnaire, et il à acquis une influence considérable dans les affaires religieuses. Dans leurs affaires temporelles, comme ils parlent assez couramment le français, ils sont passablement rusés, et savent prendre soin de leurs propres intérêts. L'éclise de la Vieille Lorette est auwréablement tuée sur la rive occidentale d'une petite branche de ja Riviere St-Charles, sur une éminence, et elle est presque entourée par un bosquet de pins, petits mais beaux. Le presbytere est la rési dence à Mr Deschenaux, Grand Vicaire, et Cure de cette paroisse: cet ecclésiase tique, qui est bien connu et tres-estime d'un cercle nombreux d'amis, tant Catholiques que Protestans, du premier rang, a fait nn usage tres-avantageux de son bon goût reconnu dans les jardins et les autres embellissemens de cet endroit, qui offrent un air de profusion qui s'accorde parfaitement

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