‹ Charlet, sa vie, ses lettres, suivi d'une description raisonnée de son œuvre lithographiqueChapitre 122 sur 184 · E PAUVRE GAT (Frontispice). Un jeune marchand d'es · texte numérisé non relu

E PAUVRE GAT (Frontispice). Un jeune marchand d'es

tampes fait son déballage et organise sa boutique en plein vent. Déjà il a déposé plusieurs cartons contre un mur, quand, voulant y porter deux piles d'albums, il lève les yeux, et reste tout penaud d'y voir écrit: Défenses sont faites de déposer aucun album le long de ce mur. (1826.)

621. — N° 1. Près la porte d'un cimetière, un vieux bourgeois et

un militaire sont à boire au cabaret portant pour enseigne : Au rende&-vouê du Cimetière; Follet, fait noces et festins. Tout à coup, à la sixième bouteille, le bourgeois s'attendrit, et portant la main à son front : Carabinier , s'écrie-t-il , ma défunte me revient. A ses pieds son chapeau garni d'un crêpe.

304 DEUXIÈME PARTIE. — IXe SECTION.

622. — N° 2. Un jeune fourrier de hussards est aux pieds d'une

jeune bonne assise sur un banc dans un jardin; et lui prenant la main : Charmante Gabrielle, lui dit-il, je veux vous faire un sort , foi de sous-officier du deuxième houzards! Gabrielle reçoit d'un air modeste cette déclaration. * Après la déclaration du cavalier, voici celle du fantassin.

623. — N° 3. Un caporal de voltigeurs a saisi un papillon et l'offre,

avec le geste le plus gracieux, à une jeune femme assise dans un jardin: Le papillon léger , lui dit-il, est l'emblème d'un coeur qui s'ennuie dans le centre et devient voltigeur.

624. — N° 4. Un négociant juif et un janissaire, assis devant un

guéridon, sont en train de vider un panier de Champagne. Ivres tous deux, le Juif s'est à moitié levé, et voulant verser à boire à l'aga qui lui tend son verre, il dirige le Champagne sur la figure de ce dernier, qui s'écrie : Allif Allai alala! la tête!!

625. — N° 5. Un garde national, au corps de garde, va s'étendre

sur le lit de camp ; quand il voit près de lui son sergent dormant dans la posture et l'accoutrement les plus grotesques. S'adressant au caporal qui vient d'ouvrir sa tabatière : Il est

par trop farceur, le sergent ; lui dit-il. Caporal ! je vous

demanderai une prise.

Ajoutons que sur sa tournure on pourrait croire le caporal aussi farceur que le sergent.

626. — N° 6. MONSIEUR PIGEON SOLLICITEUR. Habillé d'une manière

risible, une petite queue en trompette, la croix du lis pendant à un énorme ruban, il se présente à l'audience du ministre: Monseigneur, lui dit-il, j'ai la grande tenue avec bonnet et crois avoir droit aux récompenses.

627. — N° 7. Quel est de ce port d'armes de farceur n° 1 ? Ayons

donc la tête et les yeux à quinze pas , et mobiles ! C'est en ces termes qu'exprime son mécontentement un vieux sergent d'infanterie, faisant faire l'exercice à un peloton de jeunes soldats. A droite , plusieurs enfants.

628. — N° 8. Deux grenadiers de la Garde viennent de boire avec

deux jeunes soldats. Ces deux derniers s'étant querellés, on s'est levé ; et comme un des jeunes gens veut donner une nouvelle explication à l'un des grenadiers : Assez causé , lui dit celui-ci, on va se rafraîchir d'un coup de sabre.

629. — N° 9. L'épiciere a encore les yeux rouges , dit une jeune

album. — 1826. 305

marchande de lait , désignant une boutique d'épiceries et s'apprêtant à servir une vieille commère qui est venue se pourvoir près d'elle : Ah ! dit celle-ci/ croisant les mains et regardant le ciel, ah ! les gueux de maris IF coq civil est trop doux pour les hommes qui bat les femmes !

630. — Première idée de la pièce précédente. Croquis en h., enca-

dré, non terminé. Ce n'est plus une laitière, mais une marchande de légumes. Son interlocuteur est un savetier placé derrière elle. L'épicière qu'on aperçoit dans le fond, à droite, parait menacée par un fort de la halle.

631. — N° 10. Un hussard du 2ma, en ribote, est venu se cognet

contre un poteau sur lequel on lit : flue Casse-Cou. Il fait un geste menaçant, et s'écrie : Ta es Français, ou tu nés pas Français ! si tu nés pas Français , f t'enfonce.

632. — N° 11. LE NAVARRAIS. 11 est assis sur un tertre, tenant son

espingole à la main. A gauche, troupe de guerriljas et hautes montagnes.

633. — N° 12. LES TROIS CONSPIRATEURS. Trois vieillards grotesques

sont assis sur un banc dans un jardin ; tous ont l'air fort animé. Celui qui est au milieu ayant ouvert sa tabatière, les deux autres y puisent : Soyons prudents t se disent-ils, laissons faire le temps ; taisons-nous I

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