‹ Charlet, sa vie, ses lettres, suivi d'une description raisonnée de son œuvre lithographiqueChapitre 124 sur 184 · N° 5. COMBAT A OUTRANCE. Le long d'un mur, deux en · texte numérisé non relu

N° 5. COMBAT A OUTRANCE. Le long d'un mur, deux en

fants ont dégainé leurs sabres de bois; deux autres enfants, tenant des lances , sont les témoins et les juges du combat dont ils ont réglé ainsi les conditions: On ne tape pas sur les doigts ; c'est pas de jeu I (Charmant dessin. )

649. — N° 6. Trois gamins ont déjà quitté l'école , quand ils se

retournent pour voir passer un petit riche sorti de la classe après eux. Un des gamins, le désignant de la main à ses camarades: Avec sa fraîche de blouse, leur dit-il, y ne sait jamais ses leçons ; il a toujours des billets de contentement ; il est riche I vlà la malice !

650. — N° 7. Trois enfants, s'amusant à traîner une petite voiture

dans laquelle ils ont placé un chien , se sont arrêtés et cachés derrière un gros arbre; ils ont aperçu un caporal d'infanterie

qui est venu s'asseoir près de leur bonne : Son cousin l'embrasse joliment notre bonne , se disent-ils.

651. — N° 8. Intérieur d'une classe. Sur le mur, des pancartes avec

ces mots : Hânnes de nathure ; Fhameux parraisseu et mant heurs surtout. Le vieux maître, assis devant sa table, sa férule sous le bras, voit venir à lui plusieurs moutards en pénitence: Monsieur, lui disent-ils, portant tous leur main droite au front, nous avons un grandissime mal de tête , voulez-vous nom permettre de nous en aller ?

652. — N° 9. Deux petits malins font demander par un camarade

à un pâtissier assis dans sa boutique devant une masse de brioches : Mettez-vous, les petits voleurs en prison chez vous ? Comme tous les trois ont une main cachée derrière le dos, et qu'on voit dans Tune d'elles un gâteau, on doit croire qu'ils ont déjà fait leur coup chez un autre pâtissier.

653. — Première idée de la pièce précédente. Croquis peu avancé.

Ici, les quatre enfants profitent du moment où le pâtissier a le dos tourné pour dévaliser ses brioches.

654. — N° 40. LE DÉSERTEUR. C'est une petite fille ; debout comme

un brave, les yeux bandés cependant, elle mange tranquillement une tartine , que semble partager un gros chien sur lequel elle s'appuie. Quatre enfants l'ont couchée en joue avec des bâtons et même une poupée, et l'exécution va se consommer au commandement d'un petit garçon qui, le sabre en l'air, s'écrie : Grenadiers/ joue! feu!

655. — N° 11. LE FRANC GAMIN. Coiffé crânement d'un bonnet de

police, débraillé, le pantalon déchiré, il tient un gros pain sous le bras. De la main droite, il menace l'enfant d'un épicier derrière lequel se cachent deux plus jeunes enfants effrayés: Toi, m sieur l'épicier, lui dit-il, y me faut d'ia bonne réglisse, ou j* te calotte. A droite, un chien aboie, et l'on voit accourir une vieille femme qu'est allé chercher un moutard déjà calotte. Il est probable que la scène va bientôt changer.

656. — N° 12. Un vieil officier d'invalides, avec une jambe de bois,

est assis sur un banc. Un petit garçon, à mine fine et sournoise, lui amène un camarade dont la figure ne dénote pas beaucoup d'intelligence : Monsieur l'officier, dit le petit malin , y dit que vous avez une jambe de bois de naissance ; et l'officier rit de tout son cœur.

657. — N° 13. Dans le fond, à gauche, des enfants se battent;

croquis. — 1826. 309

arrive un Frère armé d'un martinet et sortant de là classe à la porte de laquelle on voit un moutard à genoux coiffé d'un bonnet d'âne. Entouré d'enfants qui reviennent de la bataille, l'un d'eux lui indique le lieu du combat, et lui dit: Frère, faites donc finir l'école mutuelle ; y nous fichent des grandissimes coups de pied , et nous appellent cornichons II!

658. — Première idée de la pièce précédente. Croquis non terminé.

Ici, le Frère est assis, tenant sa férule à la main. Les enfants

qui sont devant lui ont l'air consterné ; celui qui indique le

lieu du combat tient des cartons sous le bras droit.

Album lithographique par Charlet. (1827. )

Cet album contient un frontispice et dix-neuf pièces numérotées. Le frontispice et les N08 3, 7, 9, 10, 14, 16 et 19 sont imprimés en t.; les autres, en h.

659. — DÉBIT D'ALBUMS AVEC PROCÉDÉS; NOUVEAUX. (1827.) (Fron-

tispice). Près d'im mur où ces mots sont écrits, un jeune marchand a établi son dépôt ; et voyant un gros bourgeois qui dirige sa promenade de son côté, il l'arrête^ lui présente un album, et lui dit en riant: Si vous n'achetez pas mon album, vous êtes mort!... Le bourgeois se hâte de porter la main à sa poche , tout effrayé à la vue d'un fusil qui le couche en joue. L'esprit moins troublé , il aurait vu que ce fusil est ajusté sur un mannequin coiffé d'un chapeau qui lui couvre le visage.

660. — Première idée de la pièce précédente. Toutes les épreuves

ont été tirées sur papier blanc, 1/4 jésus. Pièce terminée en t. sans t. c.

Au lieu du gros bourgeois, c'est un jeune homme qui recule effrayé. Le mannequin, habillé en Turc, couche en joue avec un très-long fusil. Sur le mur, les mêmes mots que ci-dessus, et la légende du bas ainsi modifiée : Faut encore avaler celui-là.

661 . — N° 1 . Un petit malin a accosté deux camarades à la sortie de

la classe : Toi, t'es riche... mais t'es bête, dit-il à l'un ; et à l'autre, toi, t'es pas riche... mais fièrement malin; ça fait chacun mon compte.

662. — N° 2. Un petit décrotteur, armé d'un balai, voit deux en-

310 DEUXIÈME PARTIE. — IXe SECTION.

fants se disputant une galette : Ceux-là qui se bat pour la

galette , c'est pas celui-là qui la mange ; il attrape des bons coups y et pis c'est bon ! Telle est la réflexion de notre apprenti philosophe; et, en effet, pendant la bataille, un chien s'est emparé de la galette , et la mange.

663. — N° 3. Un vieux maître d'école, debout, au milieu de sa

classe, paraît étonné tout autant qu'indigné : Avant la Révolution, dit- il, un enfant ne se serait jamais permis d'appeler

son maître singulier masculin! Le petit coupable est à

genoux, unécriteau sur le dos, portant ces mots : A kappelU son maître singulier masculin l... Sur le mur une pancarte : On ne dois jamet fer de question à son maître.

664. — N° 4. Qui compte sans son hôte..... peut se tromper. Un

braconnier, assis près d'un gros arbre, se réjouit à la vue du lièvre qu'il tient dans sa main ; il n'aperçoit pas deux gardes qui se montrent au haut d'un mur.

665. — N° 5. (Sans numéro aux premières épreuves.) Dans le fond,

à gauche, grand feu alimenté par les livres que la foule vient y jeter. Sur le premier plan, un vieux barbier se dispose à raser un homme portant des ailes de pigeon. La main gauche appuyée sur la tète de sa pratique , et de l'autre montrant le

feu , il s'écrie avec une libérale indignation : Dieu vivant

brûler Voltaire M quand on a des bûches sous la main , et de fameuses bûches !

666. — N° 6. Dans l'intérieur d'un cabaret : A la Quille-Couronnée,

un grenadier , qui boit avec un vieil ouvrier portant queue et bonnet de police, lui saisit une jambe chaussée d'un bas noir, et , la regardant en riant : Les charbonniers , lui dit- il, appellent ces jambes-là des fumerons I

Page 1