‹ Charlet, sa vie, ses lettres, suivi d'une description raisonnée de son œuvre lithographiqueChapitre 170 sur 184 · VALENTIN DANS L'OPULENCE SE SOUVIENT DE CEUX ÛU · texte numérisé non relu

VALENTIN DANS L'OPULENCE SE SOUVIENT DE CEUX ÛU

L'ONT CONNU DANS LA MISÈRE. Se promenant à cheval, il rencontre un pauvre homme que nous avons connu enfant (voyez le numéro 4). Celui-ci l'accoste : B'jou m'sieu Valentin; souv'nez-vous qu'j'ons gardé les vaches ensemble. — Et les cochons aussi, mon brave. — Vous avez été pueureux qu'moé. — Pauvre Razet , t'as pas eu de chance , tu t'es greffé sur le martin sec... Tiens, voilà cent sous... viens me voir... sans façon... tu seras bien reçu...

959. — 45. Valentin à la réunion électorale prend la parole et

s'exprime ainsi : Messieurs, méfions-nous des bavards (assentiment général); je veux bien du parlementaire, puisque c'est la mode (hilarité), mais je veux de crânes paroissiens (on rit), des troupiers finis (hilarité prolongée), qui soutiennent la dignité de la France. (Assentiment général ; bravo, bravo.) Qu'est-ce que ça me fait, à moi, un ministère ou un autre; le 1er mars ou le 29 octobre... je n'y vois point de différence , si ce n'est

Qu'au 1er mars y fait PAS souvent ckaud;

Et qu'au 29 octobre y fait souvent PAS chaud. On change le pas et la marche est la même ; l'un prend le ra du pied gauche , et l'autre du pied droit. ( Marques d'adhésion, sensation prolongée. L'orateur reçoit les félicitations d'un grand nombre d'électeurs qui lui proposent la députation.)

Valentin, pendant son allocution, occupe une tribune destinée à l'orchestre d'un bal champêtre. Ses nombreux auditeurs expriment la plus vive satisfaction.

)6(). — 46. YALENTIN SE BAT EN DUEL ET TUE L'ANGLAIS MANNE - KIN LOW (Prononcez Meinnequine Lou).

Laissons parler Valentin :

Je buvais donc de la bière avec l'anglais Mannekin;

voilà qu'il me vante la MAGNANIME Angleterre! je nie et lui reproche les PONTONS, Copenhague et la mort du grand Napoléon! Ce n'est pas moi, dit-il... Si ce n est pas toi, c'est donc ton frère ou quelques-uns de tes parents?... Il se vexe et me jette sa bière à la figure ; je riposte, nous marchons ; on s'aligne, je le tâte , et d'un coup de quarte porté du coupé sur pointe de tierce en quarte, je l'envoie sur les bords du STIC... Mieux vaut tuer le diable... que... enfin... voilà!....

L'anglais Mannekin, ayant près de lui un compatriote qui lui sert de témoin, reçoit le coup porté par Valentin. Le témoin de ce dernier, le garde champêtre Bronzard, son sabre sous le bras gauche, son brûle-gueule à la bouche, assiste au duel de l'air le plus tranquille.

)61. — 47. VALENTIN MISANTHROPE ET REPENTANT- Valentin, refroidi, se reprochait la mort de ce pauvre Anglais, quand son témoin, V ex-grenadier Bronzard , lui adresse ces paroles remarquables: Qu'est-ce de ceci? êtes-vous donc une faible femelle ? Vous avez soutenu l'honneur de la France !. . . puis il est un fait, c'est que l'Anglais, de sa vie, ne poiwra rivaliser le Français sur l'arme blanche!... jamais!... non, jamais!II... (1).

}62. — 48. LA DEMANDE EN MARIAGE. Père Bronzard , dit Valen-

(1) Ces deux dessins ont été faits en 1840 , lors des affaires d'Orient , et alors que la France avait i se plaindre de l'Angleterre. Je fais tuer un Anglais , me disait Charlet avec naïveté , je paie ainsi na dette de patriotisme; puis il ajoutait en riant : Non , jamais l'Anglais ne pourra rivaliser le Français sur l'arme blanche.

362 DEUXIÈME PARTIE. — IXe SECTION.

tin, votre fille me convient, je conviens à votre fille, nous nous convenons, ça vous convient-il? C'est convenu, répond ï ancien ; mais je dois vous prévenir que la dot de ma fille se compose de mes vingt-deux campagnes et de mes dix blessures... Ça me va, dit Valentin. Pendant cette conversation, Valentin, assis devant une table, tient dans sa main la main de la jeune fille.

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