‹ Charlet, sa vie, ses lettres, suivi d'une description raisonnée de son œuvre lithographiqueChapitre 180 sur 184 · CROQUIS A LA MANIÈRE NUIRE · texte numérisé non relu

CROQUIS A LA MANIÈRE NUIRE

fanterie; sous leurs pieds, une affiche lacérée laisse apercevoir le chiffre 1815. Au milieu d'eux, au second plan, un officier de la garde nationale tient un drapeau portant ces mots : Le Peuple et l'Armée.

La censure n'a autorisé cette pièce qu'avec ces changements :

1° Au lieu de :< Tremblez, ennemis de la France, on a substitué ces mots : Aux armes, citoyens, formez vos bataillons;

2° On a effacé le chiffre 1815 sur l'affiche lacérée.

981. rr. — Un sergent d'infanterie est assis sur un banc adossé à

un mur, au-dessous de la salle de police. Devant lui, un jeune soldat, debout, lui raconte ainsi sa politique, gesticulant avec feu de ses deux bras : Je crains là salle de police et je parle sous la figure de l'emblème. Une supposition... vous me crachez à la figure...; bien!... je dis: c'est du brouillard/... vous m'envoyez une châtaigne (calotte) ; très-bien... attendons.... vous nourrissez le feu par un coup de botte dans le cul!... ô, alors... je vous tiens... et je vais dire a la chambrée : LES FAITS SONT ACCOMPLIS (1) ////

Cette pièce n'a été autorisée qu'avec ce changement dans la légende : après les mots botte dans le cul, on a mis : ah/ je vous tiens, et je dis : voilà des faits accomplis.

982. rr. — Un vieillard, portant à sa boutonnière les rubans de

plusieurs ordres, est entré dans l'atelier d'un peintre, suivi d'un domestique noir en livrée chargé de plusieurs sacs d'argent. Un lorgnon à la main , il est courbé devant un tableau qu'il semble étudier avec intérêt. Le jeune peintre , debout, près de lui, doit dire malgré les préventions de l'époque : Aristocratie pour aristocratie , je préfère celle des titres ; elle est polie et généreuse. V aristocratie d'argent est avare et infiniment peu polie !...

Croirait-on que la censure n'ait permis d'imprimer cette pièce qu'après la suppression de la légende, remplacée par ces seuls mots : LA VIEILLE ARISTOCRATIE. File était polie et généreuse.

983. RR. — Un vieux palefrenier tient par son licol un gros cheval

blanc qui lève le derrière en sortant de l'écurie : T'as beau

(1) Le ministre avait clos la discussion a la Chambre des députés en disant : < Les faits sont accomplis. »

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regimber, dit le palefrenier (et sa réflexion fait rire un homme placé derrière lui), t'as beau regimber/ la réforme t'atteindra l et de la réforme à l'abattoir, il ny a pas loin ! Et vanitas vanitates mundo.

Finis cornac opuce.

Il nous paraît inutile de dire que cette pièce fut empêchée par la censure ; et c'était cependant une prédiction curieuse de la révolution de Février 1848, commencée aux cris de : Vive la Réforme !

984. rr. — Un sergent d'infanterie a interrompu la lecture de son

journal à ces mots qui rembarrassent : un système parlementaire. S'adressant à un vieux savetier monté sur un tabouret pour placer contre son échoppe une cage dans laquelle est une pie : Quel cent diable est-ce que ça peut don hêtre, l'ancien ?... — C'est un système qui parle, qui parle, qui parle, qui parle , qui parle... système d'avocats/... — Ah, oui, comme il a dit, l'Empereur... officiellement/... tout ce qu'il y a de pis/...

La légende de cette pièce, condamnée par la censure, a été remplacée par celle-ci : Les paroles sont des femelles ! les boulets c'est des mâles.

985. RR. — Un soldat d'infanterie s'est approché d'un brigadier de

dragons qui lit un journal; riant, gesticulant des deux mains : Quand j'aurai fait mes vuit ans, dit notre fantassin, je tâcherai d'entrer dans le corps des Doctrinaires. C'est un corps savant où l'on exige la profondeur d'esprit du puits de Bicêtre, et l'élévation de pensée de l'obélisque/... ce corps puise sa force dans sa faiblesse... il se forme de quatre files sur deux rangs, caporal compris... la paye est forte et les vivres saines et abondantes...

Ces paroles, condamnées par la censure, ont été remplacées par celles-ci : Gras nous vivrons ; père et mère honorerons ; heureux nous serons.

Croquis à l estompe et au lavis.

Suite de treize pièces numérotées ( les deux premières portant le N° 1 ) ; imprimées par Auguste Bry, d'après un procédé de son invention.

Ces croquis, dessinés en 1845, n'ont été édités qu'après la mort de

CROQUIS a l'estompe. 371

Charlet; les huit premiers par François Delarue; les quatre derniers par les frères Gihaut.

Toutes les pièces portent les noms Az Charlet, des éditeurs et de l'imprimeur. Elles sont entourées de trois traits octogones en or.

Quelques épreuves de cette suite ont été tirées avant les encadrements et les noms de l'imprimeur et des éditeurs.

Six têtes, parmi lesquelles les deux têtes des fils de Charlet, vues de profil , à droite et à gauche de l'estampe.

987. — 1. ESTOMPE SUR PIERRE PAR CHARLET. Tête de vieillard , le

front chauve, vue de trois quarts, tournée vers la droite.

988. — 2. ESTOMPE SUR PIERRE PAR CHARLET. Tête de vieillard, le

front garni de cheveux , vue presque de profil , tournée vers la gauche.

Tête d'enfant de profil, tournée à gauche. Une petite croix est attachée au cou par un ruban.

Portrait de l'adjoint du maire de Viroflay ( près Versailles ), la tête de trois quarts , tournée à gauche.

Tête d'enfant vue de profil, et tournée vers la droite. Le col de la chemise retombe sur le cou.

Tête de jeune femme, vue presque de profil, et tournée vers la gauche. La bouche est entr'ouverte , les yeux presque fermés.

Deux: enfants jouent avec un chien. Le plus grand, coiffé d'une casquette, est appuyé sur une borne; le plus jeune est assis à terre.

Tête de vieillard riant. Sa bouche entr'ouverte laisse voir trois dents. Il porte un béret et un col rabattu.

Tête de jeune homme vue de trois quarts et tournée vers la droite. Ses cheveux retombent en boucles sur son visage. Il porte un col de chemise rabattu.

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Cette étude n'est point à Festompe, elle est au lavis. Elle représente un vieux mendiant, appuyé sur deux béquilles, il tient à la main son chapeau dans lequel un enfant met une pièce de monnaie.

Comme la précédente, cette étude est au lavis. Un vieillard, coiffé d'un béret et assis sur une, chaise basse , fait lire une petite fille appuyée sur ses genoux.

998. — 12. Pièce dessinée au crayon lithographique et à Festompe.

Trois «petits enfants sont montés sur un cheval blanc au milieu de la campagne. Le plus grand, placé entre les deux autres, lève la main droite en Fair.

Cette pièce n'est point encadrée comme lès autres , elle est entourée d'un seul trait carré.

999. RRR. — Première idée de la pièce précédente. Elle est exécutée

au lavis. Le cheval blanc est beaucoup plus petit. Le plus grand des enfants porte un chapeau rond à larges bords. Cette étude, tirée à très-petit nombre, est sans encadrement et sans noms, sauf celui de Charlet.

(Du nom de Charlet, au haut du chapeau, 145).

Xe SECTION

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