‹ Charlet, sa vie, ses lettres, suivi d'une description raisonnée de son œuvre lithographiqueChapitre 63 sur 184 · LES QUILLES. Devant un cabaret, un vieux bourgeois va · texte numérisé non relu

LES QUILLES. Devant un cabaret, un vieux bourgeois va

lancer contre des quilles la boule qu'il tient dans la main droite. Il a pour spectateur un invalide, au milieu de gens attablés. En t., 1/4 jésus.

272. — Un vieux paysan en blouse, portant sa besace, et appuyé

sur son bâton, fait un geste goguenard, apercevant la Mort, en costume d$ gendarme, qui vient saisir un personnage puissant assis sur un espèce de trône. Celui-ci se défend avec effroi , et notre vieux philosophe s'écrie : « Elle n'admet point de remplaçant. » En h., 1/4 jésus.

— TRIOMPHE DE LA RELIGION. G. p. en t.

273. — 1810. IMPIÉTÉ. Des soldats ont établi leur bivouac dans

une église; ils dorment, ils fument, ils nettoient leurs buffleteries.

274. — 1820. PIÉTÉ. Des soldats de la Garde royale sont agenouillés

avec recueillement près d'un confessionnal.

Ces deux pièces, imprimées d'abord sur une même feuille, ont été, dans un tirage postérieur, imprimées séparément en h., et l'on a effacé ces mots : Triomphe de la religion.

275. — J'OBTIENS DE L'ACTIVITÉ, se dit avec satisfaction un vieil-

lard. Appuyé sur un jockey, il se traîne avec de pénibles efforts vers un grand fauteuil gothique. G. p. en h.

276. — Près d'un cabaret portant pour enseigne : Aux vieux gro-

gnards. Le Dur, marchand de vins ; un vieux soldat manchot, saisi probablement d'un souvenir patriotique, s'écrie avec énergie, fermant le poing : « // m'en reste un encore pour la patrie. G. p. enh., encadrée.

277. — Devant le cabaret: Au rendez-vous d'Austerlitz, un vieil ou-

vrier arrête un grenadier, et, lui offrant un verre de vin, trinque avec lui, en lui disant: « Aux vieux grognards, le tailleur de pierres reconnaissant. » L'ancien remercie par un salut militaire. G. p. en t.

278. — Deux soldats d'infanterie sont complètement ivres. Debout,

et chancelant sur leurs jambes, l'un deux soutient à bras le corps et à grand'peine son camarade qui, le bras levé , semble

(4) L'allusion politique se laisse facilement deviner. Charlet rappelle ici cette triste époque oh la France avait chez elle une armée étrangère ramenée par le funeste retour de l'Ile d'Elbe.

248 DEUXIÈME PARTIE, — VIe SECTION.

menacer un gros et grotesque bourgeois. Celui-ci a dirigé d'un air goguenard vers les deux amis un immense riflard qu'il tient résolument dans ses mains. « Comment! dit le troupier, vous croisez la baïonnette sur les vieux amis! Vous n'êtes donc plus Français?...!) Dans le fond, à gauche, Charlet s'est représenté déjeunant avec Bellangé. G. p. en t., encadrée.

Après le premier tirage, ces mots: vous n'êtes donc plus Français? ont été effacés.

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