CROQUIS
Croquis lithographiques par Charlet. (ISC24;.
Un a fait trois tirages différents de ces croquis : 1° Sur papier de Chine, format 1/4 colombier ; 2" Sur papier blanc , format \ /4 colombier ; 3° Sur papier blanc, 1/4 jésus.
La suite que nous allons décrire se compose d'un frontispice et de quinze pièces sans numéros; toutes en h., sauf les quatre derniers en t.
534. — * FRONTISPICE. Paillasse fuit, emportant avec lui tous les ustensiles de son commerce : sa chaise, sa trompette, sa grosse caisse; il veut éviter un déluge d'albums, et tient son parapluie ouvert. Mais l'inondation est générale , elle a fait déjà des victimes; le parapluie se crève, et la grosse caisse ellemême se remplit d'albums. C'est la fin du monde! , 535. — Deux enfants, à leur sortie de la classe de dessin, se sont pris de querelle, et échangent des coups de poing. Leur vieux professeur les regarde en riant : Le petit crapu est fièrement rageur, dit-il ; le grand est mince , mais c'est tout nerf!
530. — Un peintre, dont les dehors annoncent la misère, est des- ^ cendu de l'échelle , du haut de laquelle il peignait une enseigne , pour venir prendre la main d'un camarade d'atelier. Celui-ci n'a pas l'air de le reconnaître , et détourne la tête : Il méconnaît un ancien camarade ! dit le pauvre diable tout attristé. Comment s'en étonner? Ses habits, son riche manteau, une décoration, etc. etc., annoncent qu'il a fait fortune.
537. — J'en mangerais dix comme toi! dit avec un geste menaçant '" un petit tambour à un jeune soldat qu'il a poussé contre un
mur. Ce dernier semble recevoir cette provocation de l'air le plus calme et le plus pacifique.
538. — Deux jeunes soldats , avec armes et bagages, se sont arrêtés, "' et causent avec un maréchal-f errant. Au milieu de la conversation , ce dernier ouvre sa veste , et montre sa croix : J'ai vu le Nil et la Bérésina ! leur dit-il , et tous deux s'inclinent avec respect.
w21)!2 DEUXIEME l'AKTIE. IXe SECTION.
539. — Un hussard d'ordonnance en grande tenue , et complétev ment ivre , désigne avec un geste de mépris un soldat qui boit
seul assis à une table : Un homme qui boit seul , s'écrie-t-il , n'est pas digne de vivre !
540. — Un caporal-sapeur, blessé au pied gauche d'un coup de feu,
est assis sur un banc de pierre. Arrive un jeune soldat, qui, tout effaré , lui demande ce qu'il peut faire pour lui : N'appointe qu'une bouteille d'eau-de-vie pour ma compresse ! dit le sapeur montrant sa blessure.
541. — Tu as le respiration trop long , dit un soldat polonais à un
dragon d'élite qui paraît peu disposé à se séparer d'une gourde d'eau-de-vie qu'il tient à la. bouche.
542. — Le rappel des tambours, qu'on aperçoit dans le fond, va
contraindre le grenadier Renaud , de la Garde Impériale, de quitter son amie qu'on voit près de lui dans un violent désespoir : Adieu , lui dit-il , bannissez toute sensibilité. . . importune!
54.}. — DISCOURS DU LÉGIONNAIRE A SES ENFANTS. Un vieux grenadier, un livre à la main , est assis près d'une table. Derrière lui , sa femme ; devant , quatre enfants. L'un d'eux est à genoux, portant un écriteau sur lequel on lit : Mauvais soldat; et comme un autre paraît hésiter en récitant sa leçon , le grenadier les regarde d'un air sévère, et leur dit: « Vous serrez en masse sur les vivres , la besogne i°este en serre- file ; je vous ferai fusiller tous!... et nous verrons ensuite.
544. -j- COMBAT D'INFANTERIE. Des soldats français font feu sur Tennemi , que la fumée permet à peine d'entrevoir. Sur le premier plan , à droite , un soldat mort.
54,5. — Oh! les gueux! En prononçant ces paroles , une vivandière v a saisi le fusil d'un soldat blessé près d'elle : elle déchire la cartouche , et va faire feu sur l'ennemi qu'on entrevoit dans le fond , à droite.