‹ Charlet, sa vie, ses lettres, suivi d'une description raisonnée de son uvre lithographiqueChapitre 117 sur 183 · Un marchand de chansons est à boire avec un sapeur · texte numérisé non relu

Un marchand de chansons est à boire avec un sapeur

pompier. C'est un vieux malin; car, trinquant avec lui : Épicure, Anacréon, lui dit-il en riant, étaient des pompiers, mais bien avant la Révolution.

593. — Un bon fermier est venu voir son fils, jeune soldat, et le

trouve attablé avec un vieux troupier. Un troisième convive, sapeur d'infanterie légère , s'est levé , est allé au devant de lui, et lui montrant son fils: Votre fils ira loin! lui dit-il. Le père paraît tout joyeux, et probablement sa joie serait moins vive si ses yeux, au lieu d'être dirigés vers le ciel, s'étaient portés sur la table , et qu'il eût vu que son fils avait déjà régalé de sept bouteilles de vin.

594. — Vous n auriez pas vu mon pauvre chat ? dit une bonne » vieille. Elle adresse tout en pleurs sa demande à un

sergent de la ligne, fumant sur un banc , à la porte d'un corps de garde. Le sergent , bien entendu , n'a rien vu. 595. — Un vieux grenadier delà Gardp pst venu s'asseoir au Ta-

^00 DEUXIÈME PARTIE. — IXe SECTION.

baret portant pour enseigne : Au grognard. Et tout en remplissant son verre, de l'air le plus sérieux: Je grogne, dit- il, c'est mon idée ; ça ri empêche pas les sentiments. Son chien sous la table doit faire les mêmes réflexions en rongeant un os.

596. — Colonne d'infanterie de la garde nationale en marche ; un v grenadier s'en détache; il est ivre, et porte son bonnet de

travers. Arrêté devant l'étalage du libraire Barba, il saisit plusieurs volumes: « Voltaire, dit-il, troupier fini. Ses ennemis sont des infirmes.

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