LE BILLET DE LOGEMENT. Deux fantassins ivres vont
frapper à une porte sur laquelle on lit : n° 100, et comme on ne répond pas : Tas de canailles!... s'écrie l'un d'eux avec un geste menaçant, ouvrir ez-vous?... Si j'enfonce la boutique, f avale tout!...
816.-— 17. C'est la même pièce, mais imprimée en t. Sur la marge 'de gauche on a laissé un Napoléon, au galop sur un cheval blanc; petit croquis effacé après le tirage de quelques premières épreuves.
817. — i 18. Un vieux soldat, arrivé tard à l'étape, a couché sous
une porcherie. A son réveil, il aperçoit devant lui deux cochons : Ma foi , dit-il en riant : Quand on a passé la nuit avec ces paroissiens-là , on peut coucher avec le premier venu.
818. — 19. Un sergent de voltigeurs disait à un Belge: « Vous avez
fait une révolution pour les frais du culte , alors. . . que le bon Dieu vous bénisse. » Le sergent s'est arrêté au cabaret pour s'y rafraîchir ; le vieux Belge l'écoute avec flegme, fumant sa pipe.
819. —7 20. Dans le fond, à gauche, le feu et la fumée indiquent un / bombardement. Sur le premier plan, une ferme détruite par
la guerre. Parmi des décombres , des boulets et des bombes , on distingue un cadavre. Des nuées de corbeaux planent sur cette scène de désolation. Cependant une jeune fille ramasse dans son tablier quelques débris. Pauvre peuple! s'écrie Charlet.
Album /lithographique /par.' Charlet. m 834. j"
Cette suite contient un frontispice et dix-huit pièces numérotées et encadrées , toutes imprimées en t., sauf les Nos 4 et 9. Le frontispice en t., sans encadrement , est imprimé au-dessous du titre, sur
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couverture de couleur. Pour la suite, sur papier de Chine, on a tiré de ce frontispice quelques épreuves à part , mais toutes sur papier blanc.
Quelques pièces de cet album sont encore des souvenirs du siège d'Anvers.
X20. — * FRONTISPICE. Un enfant de troupe, coiffé d'un bonnet de police, est assis à terre, au milieu d'albums et d'ustensiles de
/0^ peinture.
824 . — 1 . Un officier général, monté sur un cheval blanc et suivi de v deux ordonnances , inspecte des postes avancés : Sentinelle , prenez garde à vous ! dit-il à un fantassin qui lui présente les armes. Ce dernier est placé en vedette près d'un petit réduit couvert de paille.
S22. — 2. Sur la droite, des masures et deux gros arbres. Deux fantassins, en marche avec une colonne, se sont arrêtés à la rencontre d'une pauvre femme et de cinq misérables enfants. L'un d'eux ( Duvergier, grenadier au 65e de ligne ) coupe un morceau de son pain, et le donnant à la pauvre mère : Ma bonne amie, lui dit-il, un morceau de pain sur la terre vaut mieux qu'une brioche dans le ciel.
823. — 3. Deux ouvriers viennent de prendre leur repas à la barrière.
Près d'eux, un sapeur et un enfant. Survient un voyou , coiffé d'un chapeau gris qui lui tombe sur les yeux et n'ayant avec son pantalon qu'une chemise et une cravate; il s'adresse aux ouvriers d'un air délibéré, et accompagnant ses paroles d'un geste expressif, il s'écrie : De quoi?... travailler.... bon pour des feignans. Vive V émeute t.... vive le vin, vive V amour, et les institutions qui assureront mon avenir !
824. — ht. NAPOLÉON. Il est représenté sur son cheval blanc, tourné à gauche et lorgnant. Fond de paysage; à droite, des grena-
diers à pied de la Garde, en bataille.
X2r>. — 5. ON SE MASSE. L'ANCIEN EST LA... LE PÈRE L'ENFONCEUR.
Dans une vallée qui se termine à l'horizon par des montagnes, des colonnes de troupes sont concentrées. Napoléon sur son cheval blanc s'aperçoit assez difficilement à droite devant un bouquet d'arbres.
Charmante pièce dont les figures sont microscopiques.
826. — 6. UNE HISTOIRE DE TRANCHÉE. Cabaret au-dessus de la porte duquel on lit : vin t>e vigneron. Quoique manchot , Pigeot en
album. — 1834. 335
verse aux jeunes vainqueurs d'Anvers. Près de là un jeune soldat est à boire, assis à une table en compagnie "d'un vieux troupier portant la croix et trois chevrons. Arrive Gonnet , autre jeune soldat; et pendant que, pour faire honneur à son arrivée , un enfant de troupe armé de deux pots vides va les faire remplir, il raconte ainsi son histoire : Voilà Pecoul qui % m dit'. Holhail... Gounetl... tiens mon fusil... f 'sais pas qu'est-ce qu'il me prend. Je lui dis : c'est les pruneaux de la Citadelle.... Les boulets, les bombes , les obus, la mitraille , allaient qu' c'était une musique à faire sortir le Père éternel d'sa baraque, et l 'troupier dans la moutarde , à toi , à moi; les gabions nous tombaient sur la cocarde , et Pecouî quêtait malheureux , si malheureux qu'nous en ont ri encore à Cambrai.... toute la companie.
827. — 7. LA SOUPE. Des soldats sont assis ou agenouillés autour „>>/ ¥ ù'\m feu de bivouac sur lequel la soupe se fait. Au milieu de
l'estampe, un lancier à cheval, d'ordonnance. Dans le fond, à ^^ droite, lanciers en marche.
828. — 8. Napoléon a mis pied à terre à la porte d'un presbytère ; 1 il y entre, et surprenant le curé occupé lui-même à faire
griller du café : Que faites -vqus donc, l'abbé ? lui dit-il. Sire, répond le curé , je fais comme vous , je brûle les denrées coloniales (1).
829. — 9. Un vieux sergent assis près d'un poêle , les lunettes sur
le nez, coiffé d'un bonnet de police, fait la classe aux enfants de troupe. Les regardant d'un air sévère : Voilà, leur dit- il avec un geste grave , j'vous introge.... taise vous. Qu'clt' entende un brofond silence, nous parlons sur le crammaire française.
830. — 10. ON VA SE FORMER EN RATAILLE PAR ESCADRON DANS LA PLAINE VOISINE. Des masses de cavalerie ont traversé un
(i) Ce bon curé de Montmartre était mon oncle , et tout Paris a répété ce mot dans le temps. Le voici tel qu'il a été dit, et mieux que ne le raconte Charlet. Disons d'abord que le curé, ancien mousquetaire , était déjà connu de l'Empereur.
L'Empereur entre donc chez lui brusquement et sans être annoncé ; la maison embaumait du café que faisait griller la gouvernante : « Comment? monsieur le curé, s'écrie-t-il , des denrées coloniales , chez vous ? — Sire , je fais comme vous , je les brûle. »
Il faut , pour faire comprendre cette spirituelle réponse, dire a ceux qui voudraient bien nous lire dans une centaine d'années, que l'Empereur, par deux décrets , de Berlin el de Milan , avait prescrit de brûler les cargaisons de tous les bâtiments, même les neutres , visités par les Anglais ; el qu'il était alors d'un vrai patriotisme de ne consommer ni sucre, ni café, ni denrées coloniales.
Le mot mal traduit, le dessin assez faiblement exécuté, prouvent que Charlet devait prendre chez lui-même ses inspirations et ne rien accepter des autres.
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pays de montagnes et vont se déployer en plaine. Au milieu de* l'estampe, une grosse charrette recouverte d'une toile passe entre deux bouquets d'arbres.
I 831. — 11. Au milieu d'une classe d'enfants, un petit menuisier, une scie passée dans le bras gauche , son rabot à ses pieds , vient se plaindre au vieux maître de deux petits camarades, et les désignant de la main : C'est eux qui ma, provoqué , dit-il; y mon dit : rabotte donc les aristocrates , alors moi j'ai calotte les fils du propriétaire , mais c'est eux qu'a reliché les tartines.... moi , j' mas brossé le ventre.... Les deux enfants protestent avec énergie de leur innocence (1).
832. — 12. VAGUEMESTRE SOIFFMANN , dit un hussard auquel ce derv nier a fait signe qu'il n'avait pas de lettre pour lui ; nix for mi.... Pas de lettre chargée... mon père m'inquiète.... donnemoi une chique. Cette conversation a lieu à la porte d'un cabaret où l'on voit quatre enfants et un chien.
X33. — 13. LES EXTRÊMES SE TOUCHENT. Un tout petit tambour en bonnet de police trinque avec un vieil invalide assis devant une table et qui lui fait boire un verre de vin. Dans le fond, à droite , groupe de quatre invalides et d'un enfant.
634. — 14. Par un temps de neige et en rase campagne, un lancier v est en vedette. Aux pieds de son cheval un petit chien barbet n'a pas l'air plus réchauffé que son maître ; mais le maître est philosophe , aussi se dit-il pour prendre patience : Chauffé , éclairé par son gouvernement, c'est une grande douceur.
835. — Première idée de la pièce précédente. Croquis assez avancé 1 en t., sans encadrement, mais avec le nom de Charlet. Le
lancier, son cheval et le chien , un peu plus gros que tout à l'heure, sont tournés vers la gauche. Dans le fond, on distingue des troupes nombreuses de cavalerie.
836. — 15. Un fantassin, de cuisine au bivouac, a regardé sa mar^
« mite : Faudrait , dit-il , un crâne maître d'armes pour crever un œil à mon bouillon. Un factionnaire, l'arme au bras devant lui , l'écoute en riant.