‹ Charlotte Corday: A TragedyChapitre 26 sur 161 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

9 heures du soir. — Un salon dans la maison de madame de Bretteville, à Caen. Salon vaste, sombre et délabré. Il est tapissé d'une vieille tenture représentant des personnages. Meubles du temps de Louis xiii. Fenêtres en croisillons, à vitraux octogones.

A gauche, madame de Bretteville, une vieille dame et un vieux gentilhomme assis autour d'une petite table. Madame de Bretteville et la vieille dame travaillent à l'aiguille. Marthe, suivante de madame de Bretteville, assise derrière elles, et travaillant aussi. — A droite, à l'autre coin de la salle, trois vieilles amies et un vieil ami de madame de Bretteville, jouant au boston. — Une lampe à abat-jour vert sur la table de madame de Bretteville. — Une seule bougie sur la table de jeu.

MADAME DE BRETTEVILLE, à Marthe qui se lève et

s'approche, Marthe, où donc est Charlotte?

MARTHK

Elle est allée aux prés.

MADAME DE BRETTEVILLE

Mais il est déjà nuit I Les faucheurs sotvt ie.\M\é.^^ "^a^

[A la vieille dame qui est à côté d'elle,"]

Ah i les temps sont mauvais, et, pauvre vieille sdeule, Je m'alarme aisément, quand je sais qu'elle est seule.

[Marthe va se rasseoir,]

LA VIEILLE DAMK

Oui, les choses qu'on dit, ma chère, font trembler. On va venir chez nous pour piller et brûler; On prendra tous nos biens; les gueux seront les maîtres; On exterminera les nobles et les prêtres; 8i6

MADAME DE BRETTEViLLE, joignant les mains.

Sainte Vierge !

LA VIEILLE DAME

Et Marat a juré qu'avant peu Il guillotinerait tous ceux qui croient en Dieu.

TOUS

Oh!

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