‹ Charlotte Corday: A TragedyChapitre 54 sur 161 · ACTE III. SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III. SCÈNE IV

Pourquoi? Je ne dois que bénir.

Vos bontés me font mal Je n*ai pas su paraître

Affectueuse et tendre autant qu'il fallait Têtre.

Ah ! Ton comprend trop tard qu'on n'aimait pas assez.

Si nous étions encore aux jours qui sont passés, 1525

De combien de respect, de soins et de tendresse

Je voudrais entourer votre sainte vieillesse 1

Pardonnez-moi I

MADAME DE BRETTEVILLE

Bon ange, et quoi te pardonner?

Hélas! pardonnez-moi de vous abandonner!

MADAME DE BRETTEVILLE

Vas en paix, chère enfant, de tous mes vœux suivie ! 1530 Cherche à Londre un repos que le ciel nous envie. Va, — c'est moi qui l'exige, et Dieu, j'en ai la foi. T'y rendra le bonheur que j'ai reçu de toi.

CHARLOTTE, à part.

Si quelqu'un lui disait, ô pauvre cœur de mère. Que je vais à Paris et ce que j'y vais faire! 1535

\Elle prend les mains de sa tante et les porte à

ses lèvres,] [Haut,] En vérité, je pars avec tant de regrets Que si vous consentiez, eh bien ! — ^je resterais.

MADAME DE BRETTEVILLE

Oh I non. C'est là, ma fille, utv^ t£v^.wn^\^^ \^^*^\ Tu sais bien que tantôt je t'ai pet^\\^^^^.

Non, non, pars tout de suite !

\EUe femhrasse^

Adieu, mon cher trésor : 1540 \Elîe la rappelle et P embrasse de nouveau,] Pour la dernière fois, viens m*embrasser encor !

[£lle la rappelle encore^ Ah!... Tiens, prends cette bourse où j'ai mis ma réserve.

\Elle lui donne un reliquaire^ Garde cette relique; — ^il se peut qu'elle serve.

[Charlotte fait quelques pas pour sortir,] Ah!... Sois prudente au moins! — Ne marche pas de nuit — Regarde autour de toi pour voir si Ton te suit. 1545 — ^Veille à ton passe-port. — En montant en voiture Informe-toi d'abord si la route est bien sûre. — Ne réponds à personne. — Évite les passants. — Ne te mets pas en mer par des temps menaçants. — Écris-moi; dis-moi vite, aussitôt débarquée, 1550

Si tu trouves quelqu'un à la place indiquée.

— Adieu, Charlotte !

CHARLOTTE s^Hoigne^ puis regardant douloureusement

sa tante avant de sortir.

Hélas ! j'emporte ce remords 1 Elle mourra, c'est sûr, en apprenant ma mort

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