‹ Charlotte de Corday et les Girondins (volume 2)Chapitre 151 sur 174 · C. AA, 1520. Pièce · texte numérisé non relu

C. AA, 1520. Pièce

1 « Pour moi, je ne possédois que l'iiéritage de mes pères; lorsque après avoir pillé, volé mes petites propriétés, on m'a forcé de clierctier ailleurs un asyle contre les persécutions et la mort. » {Mémoires de Buzot, p. 36.)

^ Cette dénonciation violente contre un frère n'empêcha pas que Buzot ne fut dénoncé à son tour. Dans la séance du 26 juillet -1793,

Cette lettre est affligeante, mais, suivant nous, elle fait moins la critique de son auteur que celle du Régime de la Terreur, qui eut pour etTet d'avilir les âmes, d'abaisser les caractères et de préparer le retour du pouvoir absolu. Le frère de Buzot réalisait à son insu ce mot si vrai et si prophétique qui se trouve dans ses Mémoires, p. 139 : « lis ont abattu tous les courages et nivelé tout pour le despotisme. »

« On sait à présent ce qu'on peut faire des Français avec la terreur, et le secret ne sera pas perdu pour les Rois! »

Ajoutons que cette remarque est vraie pour tous les partis, et qu'on en trouve des exemples aussi bien dans les rangs de la Montagne que dans ceux de la Gironde. La lettre suivante en est la triste preuve.

Grenoble, 19 germinal an II (8 avril 1794).

Au Comité de Salut Public ,

Partie des faits qu'on impute à Danton sont à ma connoissance : il y a huit ans que je le conuois, il y en a sept que j'ai épousé sa cousine germaine, et il y en a plus d'un que j'ai rompu totalement avec lui, parce que j'ai reconnu qu'il étoit un gueux et un frippon.

Si le Comité de S. P. ou le T"' Rév'" ont besoin de Renseignements sur l'accrue de sa fortune, je suis en état de leur en donner, et l'objet de ma lettre est principalement d'inviter le

un dénonciateur se présente à la barre de la Convention, il accuse le frère de Buzot, et finit par dire : « Ce n'est pas que j'aie un fait à articuler, mais on m'a presque dit qu'il étoit suspect. » Des bravos accueillirent cette monstrueuse dénonciation, et la Convention offrit et accorda les honneurs de la séance au dénonciateur. {Les véritables auteurs de la Révolution de France, en 1789, p. 281.)

Comité de S. P., celui qui doit sauver la Rép., à surveiller Hudoit-Comtois, député de l'Aube, et le g*' Brune; l'un secrétaire de la Commission de Belgique, l'autre, son ami depuis longtemps, et le dernier, son confident et le dépositaire de ses

secrets.

Signé : Philippe,

Inspecteur des subsistances naililaires, député à l'armée des Alpes et Jacobin de Paris.

Autre exemple de Dénonciation fraternelle :

Nos concitoyens,

Jean-Baptiste Le Cointre vient de vous dénoncer Jean-Robert Le Cointre , son frère , comme émigré , et de provoquer contre lui, à ce titre, votre vigilance et l'application des loix relatives à l'émigration.

Nous, Jean -Pierre Le Cointre, citoyen François, Laurent Le Cointre, Député à la Convention Nationale , Gilles Le Cointre, Notaire à Paris , et Étienne-Gabriel-Nicolas de la Haye , citoyen François, nous venons défendre et venger de cette imputation odieuse l'infortuné Jean-Robert Le Cointre , notre frère et oncle, ou sa mémoire.

Paris, le 29 octobre, l'an I" de la République Française.

On lit dans une pétition présentée au Conseil des Cinq-Cents par Darmand-Darmaing, homme de loi :

(( Les héritiers Buzot, consistant en un frère malheureux qui , par rejaillissement de la même tourmente sous laquelle Buzot a péri , est resté ruiné , privé de ses grades aux armées, et une sœur mariée à un fabricant pauvre , soutiennent que la demande de la femme Buzot est un envahissement de la succession, d'autant plus pernicieuse que leur belle-sœur n'a pas de solvabilité. » (Collection de M. Léon de la Sicotière.)

A cotte époque, le décès de Buzot n'était pas encore connu avec certitude, et sa veuve demandait à continuer d'administrer ses biens en vertu d'une procuration qu'il lui avait donnée.

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