ACTE IV, SCENE I
Qui d'un sang précieux osent vouloir encor; Ah! Dieux, éloignez d'elle un si funeste sort!
RAFFET
Devant le tribunal ils l'ont enfin traduite.
Les lâches !
RAFFET
Sans pudeur ils pressent leur poursuite D'avance, à ses bourreaux, son supplice est paie, Ils ne sont entourés que de cœurs sans pitié. Leurs agens percent l'air de leurs cris effroyables; Le poignard à la main, des femmes exécrables Repoussent de ces lieux quiconque plaint son sort. Leur mot de raliement est un signal de mort.
SECHELE.
Eux même ont revêtu ces sanglantes livrées; Contr'elle, contre nous ils les ont préparées; Et j'ai pu prendre part à cet horrible apprêt! Pardonne, o mon ami! c'est mon dernier forfait!
RAFFET
Ainsi donc, les cruels, du fruit de leurs menées Repaissent à loisir leurs âmes forcenées! Par aucun vœu contraire ils ne seront troublés ! Leurs gages sont encore à cette heure assemblés; La nuit convient surtout à leurs trames affreuses.
SECHELE.
Ah ! de la nuit aussi les ombres ténébreuses Vont couvrir nos projets et servir la vertu ; Demain ils sont frappés, leur trône est abbattu.
64 CHARLOTTE CORDAI.