‹ Charlotte de Corday et les Girondins (volume 2)Chapitre 58 sur 174 · ACTE Y, SCENE IL · texte numérisé non relu

ACTE Y, SCENE IL

» Que la justice parle, et que tous, à sa voix,

» Reconnoissant enfin la cause la plus juste,

» Soient contraints d'obeïr à cet oracle auguste.

» Ainsi des citoyens terminent leurs débats.

» C'est le sang des tirans qui doit rougir leurs bras.

» Bientôt le peuple entier va connoitre les traîtres;

» Tl pourra dire enfin s'il veut encor des maîtres. »

C'est ainsi que partout ils se sont oxpliqués.

Et nos agens confus, par surprise attaqués.

Saisissant cet instant de couvrir leur foiblesse ,

Ont paru de la paix accepter la promesse.

A la face du ciel tous se sont engagés ,

Et les postes entr'eux ont été partagés.

Ainsi les deux partis sont restés en présence ,

L'arme basse, attentifs, s'observant en silence.

Leurs drapeaux , leurs couleurs : tout est républicain ;

Et les combattans sont sur le même terrain.

Tous ces fiers ennemis, trop soigneux de leur gloire,

A ce foible avantage ont borné leur victoire;

Cependant nos soldats sont partout ébranlés;

De grands secrets, dit-on, vont être révélés :

On s'attend qu'à la fin, le ciel, plus favorable,

Nommera les tirans et le parti coupable.

Les chefs, des deux cotés, ne sont pas incertains;

Mais, peu faite à saisir le fil des grands desseins,

La foule, en détestant et Marat et ses crimes.

Craint pourtant de porter des coups illégitimes.

On a les yeux sur nous. En faveur des Proscrits,

De cette femme, enfin, les cœurs sont attendris;

Et de ces insurgés, une troupe choisie.

78 CHARLOTTE CORDAI.

En reclamant leurs droits marche pour la Patrie : Elle vient vers ces lieux, et Sechele la suit.

DANTON

Sechele va parler.

BARRERE.

Voila ce qu'ont produit Tant de soins , de lenteurs pour accabler un traitre !

ROBESPIERRE

Sechele, jusqu'ici, n'a-t-il rien fait connaitre?

AMARE

J'ai courru sur ses pas; je l'ai joint : dans son sang H |)orte le poison qui déchire son flanc. Je l'ai suivi sans cesse, et j'ai peine à comprendre Quel si foible intérêt son cœur paroissoit prendre A ces grands mouvemens qu'il a pourtant tramés. Nos gens l'environnoient; ses sens s'etoient calmés. Seulement, quelquefois il nommoit cette femme. Et des regrets amers sembloient remplir son ame. Mais enfin il s'est tu, grâces à notre ardeur; Nos secrets tout entiers sont restés dans son cœur. On ne le quitte pas, et peut-être il expire.

Amis, tout est sauvé, s'il ne peut plus nous nuire. SCENE III.

Les mêmes; BAZIRE.

BAZIRE

Sechele vit Encore et tourne ici ses pas. La place cependant se remplit de soldats :

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