‹ Charlotte de Corday et les Girondins (volume 2)Chapitre 61 sur 174 · ACTE V, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE V

De toi, de tes pareils, l'implacable ennemie Rongiroit, dans tes mains, de conserver sa vie. Frappe. Qui te retient ? dans ton cœur forcené Mon bras se plongeroit s'il n'etoit enchainé. Vil tiran ! Je t'entends : tu conçois l'espérance, En menaçant mes jours, d'arrêter la vengeance! Tu crois que tes Français, armés pour leur païs, Trop sensibles peut-être au sort qui m'est promis, Pourront te pardonner pour desarmer ta rage! Des soutiens de nos droits attends plus de courage. Français! sachez frapper, voila vos oppresseurs; Qu'une indigne pitié ne souille point vos cœurs; Qu'ils reçoivent la mort qui leur est réservée • Mon sort est assez beau si la France est sauvée. Ils viennent, grâce au ciel! Entends- tu leurs accens? Mon ame s'est émue à leurs cris triomphans. Traîtres! la Liberté va briser votre Trône; Vos crimes vont finir; la mort vous environne.

ROBESPIERRE

Monstre ! ainsi devant nous , tes cris audacieux

Oseront applaudir à ces séditieux !

Peuple, vous l'entendez? au sein de votre ville

Elle appelle le feu de la guerre civile !

Et ce Monstre respire !

Artisans de nos maux, La guerre est de tout temps le fruit de vos complots. Mais les Français sont las de tant de tirannies; Le ciel étend son bras sur vos têtes impies; Le ciel conduit leur marche : ils viennent, frémissez!

82 CHARLOTTE CORDAI.

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